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FC Nantes-Atlantique

Édition du jeudi 12 avril 2007

Julien, meneur du kop rouge : « Quand tu aimes ton club, tu y vas ! »

Dans l'univers des supporters, il est le kapo. Si vous préférez, le porte-voix, le meneur du Kop Rouge de l'En Avant Guingamp et du stade du Roudourou. Ce point minuscule sur la carte de France du football habilité à côtoyer l'élite, à rêver durant six saisons. « Guingamp restera une petite ville à l'échelle de sa population avec ses 9 000 habitants pour un stade de 18 000 places. C'était Astérix allant taper les gros », se souvient Julien Bonny. Une fierté qui coïncide avec la présence des Drogba, Malouda ou Fabbri. « C'était l'époque où l'on remplissait deux ou trois cars pour aller à Lyon et une vingtaine pour le Parc des Princes. Quel engouement ! Il faut remettre les choses dans leur contexte, on venait de National puis de L2. Il s'agissait d'une découverte. Ca va très vite. »

Aujourd'hui, Guingamp tente d'arracher son maintien en Ligue 2. La remontée semble loin après trois échecs d'affilée. Julien a 33 ans, un enfant, un boulot dans une boîte d'intérim et « ne peut plus se permettre de partir à l'aventure » surtout que l'En Avant joue le vendredi. « On a eu beau envoyer des pétitions à l'homme à la moustache - Traduisez Frédéric Thiriez, le président de la LFP - les groupes de supporters de France ne pouvaient pas avoir le dessus. Jouer en semaine, c'est n'importe quoi ! Le vendredi, on travaille. Pour Laval ou Tours, ça passe encore en partant à 17h. Certains ont tout de même été à Gueugnon en voiture. » Julien Bonny reste fidèle au Roudourou. Sa phrase préférée : « Quand tu aimes ton club, tu y vas. » Bien sûr, les rangs sont plus clairsemés. « Ca ne peut pas « claquer » pour un Libourne Saint-Seurin par deux degrés, comme à l'époque où nous étions 1200 pour la visite de l'OM. Là, les gars, ils arrivent tranquillement à 19h45. Ils sont assurés d'avoir leur place. »

Dans ce coin de la Bretagne, une éventuelle descente du FC Nantes ne ravirait personne. « Vous ne trouverez pas un mec pour vous dire : cool, on va les voir l'an prochain au Roudourou. Nantes en L2, ça ne veut rien dire à mon sens. Pareil pour Paris. Maintenant, il n'y a rien de dégradant à redescendre. Pour le public nantais, je peux concevoir qu'il s'agisse d'une claque et que ce n'est pas le pied de s'apprêter à peut-être recevoir Dijon ou Libourne, malgré tout le respect que j'ai pour ces clubs. Si j'avais un message à destination des Brigades Loire, ce serait : ne lâchez rien, continuez le mouvement. Pour remonter, ils auront besoin de vous. »

C. D.

Ouest-France

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