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Édition du mercredi 07 mai 2008

Kita pense sérieusement à Henri Michel

FC Nantes. Le président nantais, Waldemar Kita, se verrait bien confier le poste de manager général à Henri Michel, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France. Et l'intéressé est ouvert...

Pas un jour ne passe actuellement sans qu'un nom ne sorte. Le poste de manager général à l'anglaise que Waldemar Kita souhaite installer au FC Nantes, attise les conjectures. On a donc lu et entendu tout et n'importe quoi dans le genre, ces derniers jours. Jusqu'à ce que le quotidien sportif L'Equipe, avance avec assurance, le nom d'Henri Michel. Sous la plume d'un camarade de plateau de Pascal Praud (directeur général délégué) dans On refait le match sur RTL, et au lendemain de l'embarrassante révélation, par Ouest-France, de l'inflation frappant les tarifs des abonnements, ce qui pourrait accréditer la thèse du contre-feu médiatique.

« Juste une réflexion »

Ce qui est aujourd'hui certain, c'est que l'ancien sélectionneur de la France (médaillé d'or aux JO de 1984 et 3e du mondial 1986), de la Côte d'Ivoire et du Maroc, intéresse les nouveaux caciques de la maison jaune. Les travaux d'approche ont même commencé, sans qu'aucune des deux parties ne veuille employer le terme consacré dans le milieu : un contact. « Il y a eu des choses comme ça, mais rien de concret pour le moment », ergotait ainsi Henri Michel. « C'est juste une réflexion », expliquait, tout aussi sibyllin, Waldemar Kita.

Un président qui rappelait néanmoins qu'il pensait « avoir besoin de quelqu'un d'une certaine renommée, de caractère et d'expérience. » À la nuance près que le CV d'Henri Michel a une forte coloration sélectionneur, et qu'il n'a observé la L1 qu'épisodiquement, ces dernières années, le profil correspond. « Mais rien n'est fait, tempère WK. Il y a lui et d'autres. Et il faudrait déjà savoir s'il peut venir ou pas. »

Henri Michel ne va pas plus vite : « Il n'y a pas de concret pour l'instant. Il y a des choses à régler, des obstacles à lever. Notamment les cas Gentili et Der Zakarian. » L'organigramme tel que le boss nantais l'a dessiné, sans conviction, après avoir prolongé les deux hommes en poste, ne conviendrait pas forcément à l'ancien milieu de terrain international.

« Rejeté du foot français »

D'autre part, le baroudeur aurait des prétentions financières élevées et une appétence tenace pour la bamboche. « D'une certaine façon, il a été rejeté du foot français », résume Waldemar Kita qui ne s'interdit toutefois jamais d'aller à contre-courant, « d'innover » comme il le dit, même s'il n'a pas osé, par exemple, aller creuser l'ambitieuse piste Jean-Louis Garcia (Angers).

Dans les jours qui viennent, les deux principaux protagonistes du dossier devraient donc se rapprocher. Henri Michel, qui disposerait également d'offres du Moyen-Orient, se dit « en attente ». Tout simplement parce qu'il est « évident que ça peut m'intéresser. Quand on me parle de Nantes, je ne peux pas regarder cette ville ou ce club comme les autres. » La cité des Ducs abrite d'ailleurs toujours le fils de l'ancienne icône qui vit à Beyrouth. « Mais j'ai souvent quitté le Liban, précise-t-il. Pour des contrats, je fais mes valises et je reviens. » Le deal paraît donc possible, avec ce « mercenaire » assumé.

Il ne déplaisait en tout cas pas aux nouveaux dirigeants nantais que leur idée filtrât de la sorte. Car Waldemar Kita va avoir le loisir d'apprécier la façon dont la ville de Nantes répond à cette annonce pas conforme, sous toutes ses coutures, à son style. Lui qui souhaite moderniser à tous crins, dessinerait tout de même, avec Claude Robin, comme conseiller, et Henri Michel (60 ans) comme manager général, un FC Nantes « vintage » pour reprendre une expression bien sentie entendue, hier matin, à la Jonelière.

Ouest-France

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