Édition du jeudi 03 avril 2008
L'esprit et la lettre...
Une épouse en pleurs avec à la main la lettre de licenciement de son mari, trouvée dans la boîte aux lettres du domicile, un ancien de la boutique qui fréquente les allées en cachant ses larmes, la petite tape amicale du collègue pour marquer son soutien, la Jonelière respirait hier après-midi un drôle de parfum. Dans ces moments-là, les mots sont comptés : « les petits salaires ont trinqué. C'est scandaleux ! » Les neuf personnes touchées par la mesure de licenciement économique ont reçu leur courrier.
Le secteur sportif n'a pas été épargné. D'ici quinze jours, elles feront l'objet d'entretien avec la direction. Au total, plus d'une quinzaine de salariés auront donc quitté la Jonelière puisqu'il convient d'ajouter les quatre départs négociés en décembre et janvier et le destin du personnel du centre de préformation du FCN à Saint-Sébastien, appelé à être remplacé par un pôle espoir fédéral au 1er septembre prochain.
Le SNAAF (Syndicat National des Administratifs et Assimilés du Football) a déjà réagi : « On tient à dénoncer l'attitude du président Kita qui, après avoir été contraint au retrait du plan de licenciement collectif qu'il voulait mettre en oeuvre entre Noël et le jour de l'An, s'était publiquement engagé à négocier les licenciements restant envisagés, a fait savoir qu'il avait changé d'avis et que les personnes concernées feraient l'objet d'un licenciement pour motif économique, sans qu'aucune négociation d'aucune sorte ne puisse avoir lieu. » Comme le personnel, le SNAAF a noté que le président Kita avait attribué lundi soir à Troyes double prime à ses joueurs, avant huit heures plus tard, d'envoyer neuf lettres de licenciement à des smicards de la Jonelière.
Ouest-France