La chimie pour hâler mieux !
Rémi Dessapt, le chercheur américain Mike Whangbo et Stéphane Jobic, dans le laboratoire qui teste les matériaux photochromes.
Jusqu'à ce 3 juillet, une centaine de chercheurs du monde entier planchent sur les matériaux du futur, à l'université de Nantes. Petit panorama.
Un autobronzant évolutif. Imaginez... Plus le soleil monte dans le ciel, plus votre peau prend une teinte hâlée. Des rayons UV particulièrement bronzants ? Non, en réalité, il s'agit d'une crème transparente qui se colore à la lumière. Une des nombreuses manières d'utiliser les matériaux photochromes, née de l'imagination des chercheurs du groupe Matériaux innovants pour l'optique et le stockage (Miops).
Mais, cet autobronzant est-il sans risque pour la santé ? « Oui », assure Stéphane Jobic, directeur de recherche à l'institut des matériaux. « Avec le retour au bio, nous entendons souvent dire que tout ce qui est chimique n'est pas bon pour la santé. Mais, aujourd'hui, le cahier des charges de l'industrie française est très contraignant en matière d'environnement. Nous veillons à ce que nos matériaux soient les moins polluants possible, tout en sachant que la pollution zéro n'existe pas ».
Plus besoin de tirer les rideaux ! C'est le même principe que les verres évolutifs mais à plus grande échelle. Une lumière plus intense, une température qui monte, ou une simple pression du doigt sur la surface, et en quelques minutes la vitre se colore. Pour réussir ce tour de magie, le Miops travaille sur les matériaux inorganiques, qui ne contiennent pas de carbone et dont la stabilité thermique est plus importante que celle des matériaux organiques. Pour obtenir une couleur précise, il faut jouer sur la structure du produit. À une certaine quantité d'énergie absorbée, correspond ainsi une certaine teinte.
De nouvelles sources de lumière qui pourront peut-être un jour remplacer nos ampoules électriques... Les chercheurs travaillent sur des matériaux phosphorescents qu'ils « dopent » en les ionisant. Les produits se chargent en énergie dans la journée et restituent ensuite la lumière. Les scientifiques savent produire de tels phénomènes mais ils n'ont pas encore déterminé comment ça marche !
« Le but d'un colloque comme celui-ci est de partager nos découvertes avec des scientifiques qui travaillent dans les mêmes domaines que nous, et de comprendre pourquoi tel matériau a telle propriété », précise Rémi Dessapt, maître de conférence à l'université de Nantes. Il n'y a pas que les matériaux qui phosphorent...
Nicolas CORBARD.
Ouest-France