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Les artistes oranais sur le port de Saint-Nazaire pour l'édition du festival des Escales 2006. Leur venue a été particulièrement compliquée. : Photo archives Presse OcéanThéâtres, scènes nationales, festivals et comités des fêtes, de Paris et de la province. Personne n'est épargné. Les difficultés visent plutôt les artistes du sud (Méditerranée et Afrique). Patrice Bulting, directeur des Escales, festival des musiques du monde, explique la complexité du problème.
Quand avez-vous appris l'annulation de la date et la tournée du groupe congolais Konono ?
« La tournée en Europe de Konono était en deux parties, en mai-juin la première partie de tournée n'a pas eu lieu du fait de difficultés administratives cumulées. Nous avons alors obtenu l'assurance que la deuxième partie de tournée d'août n'aurait pas de problèmes. Hélas, une fois encore, une trop longue attente de délivrance de visas à obliger les producteurs à renoncer... (La première fois, ils avaient perdu l'argent des billets d'avions, ils ne pouvaient pas une seconde fois les perdre encore et couler leur entreprise). L'annulation nous a été communiquée officiellement le 18 juin ».
Des problèmes seulement français ?
« Le festival arrive à 17 ans, j'ai travaillé sur les différents continents sans problèmes jusqu'en 1998. À partir de cette année là, différents problèmes sont apparus, concernant la libre circulation des artistes. Pas seulement des autorités françaises mais parfois des pays invités comme Cuba, par exemple. Le festival a plutôt une bonne réputation du côté des autorités françaises consulaires à l'étranger. Nous avons d'abord une très grande expérience à l'international et très rarement eu de problèmes. Cela nous a beaucoup servi ».
D'autres exemples par le passé ?
« Depuis trois ans les choses sont plus complexes. Les difficultés apparaissent davantage avec les pays du Sud notamment l'Afrique où obtenir un visa français relève désormais d'un « challenge ». Il nous faut environ 4 à 6 mois pour obtenir le sésame, si tout se passe bien. Le point culminant de nos difficultés a été avec notre édition de 2005 avec la ville d'Oran en Algérie pour focus. Six groupes étaient invités soit 50 artistes et musiciens ; les visas ont été délivrés la veille du départ au consulat Français d'Alger après un marathon diplomatique mémorable ! Depuis à chaque édition nous somme tenus en haleine pour deux à trois groupes d'artistes. L'an dernier un seul n'a pas obtenu son visa (Djibouti) ».
Avez-vous encore des interrogations pour la programmation des Escales 2008 ?
« Non, nous n'avons plus de problèmes apparents, liés à la venue des artistes, mais nous le savons depuis quatre jours seulement, date à laquelle la chanteuse Capverdienne Herminia a reçu ses autorisations définitives pour circuler en Europe ».
Pourquoi ces difficultés ?
« La plus grande difficulté est de connaître justement la réelle nature du problème ; les autorités consulaires ne sont pas bavardes durant l'instruction de la demande des visas. Ensuite il faut savoir qu'un consul peut refuser un visa sans avoir à justifier de son refus.
Avant d'intervenir il faut d'abord être très professionnel, être parfaitement en règle avec la législation complexe en vigueur et la procédure : déclarations préalables DDTE... (+ 2 mois auparavant) + Assurances multiples (rapatriement, décès etc.) + invitations en délai suffisant. Informations aux autorités françaises à l'étranger, réservation préalable des vols etc.
Quels sont les leviers que vous activez pour tenter de débloquer la situation ?
En cas de difficultés à établir un contact (c'est-à-dire trouver un interlocuteur) avec les services de l'ambassade, il faut toujours privilégier le contact et le dialogue. Ensuite seulement peuvent intervenir un certain nombre de personnes et personnalités mais cela n'est pas toujours suffisant. Le rôle de la presse et des médias peut se révéler déterminant pas seulement sur un problème du moment mais sur le fond ».
Propos recueillis par M. Vaillant-Prot