La disparition de Patrick Pellen
Patrick Pellen, au début de la campagne des législatives où il vient de représenter, une dernière fois, l'Union démocratique bretonne.
Conseiller municipal de Nantes depuis trente ans, Patrick Pellen aura représenté, jusqu'au bout, son parti, l'Union démocratique bretonne.
Dans les moments de grande fatigue, il se demandait s'il tiendrait jusqu'aux élections législatives où il représentait l'Union démocratique bretonne. Patrick Pellen s'est éteint hier lundi, au lendemain du second tour (1). Le président du conseil général l'avait croisé huit jours plus tôt sur le plateau de Télénantes. « Je fus impressionné par son courage et par la force de son engagement », rapporte Patrick Mareschal, qui partageait les mêmes convictions bretonnes. Né en 1950 dans le quartier de Chantenay, Patrick Pellen était un copain d'enfance de Jean-Louis Jossic, des Tri Yann. « Nous avons milité ensemble pour une Bretagne progressiste et le respect de son identité culturelle », rappelle le musicien. Patrick Pellen rentre en 1970 à l'UDB. En 1977, il est élu à Nantes sur la liste de gauche d'Alain Chénard. Il avait fêté récemment ses trente ans de mandat municipal. « C'était un élu qui travaillait et défendait ses dossiers. Il l'a fait avec encore plus de force quand son état s'est aggravé. J'étais sidéré. » Electro-technicien, Patrick Pellen travailla dans plusieurs entreprises nantaises, y exerçant toujours des responsabilités syndicales. Candidat de l'UDB à diverses élections, il avait tenu à témoigner une dernière fois. « La réunification administrative de la Bretagne, qui lui tenait particulièrement à coeur, avait certes pour lui des dimensions sentimentale, historique, culturelle, mais aussi des dimensions économique et sociale qu'il n'aimait pas voir oubliées », précise Michel François, le responsable départemental de l'UDB.Les Alternatifs 44 lui rendent hommage. « Nous avons perdu beaucoup plus qu'un camarade : un ami, un frère... Avec Patrick Pellen, Nantes, sa ville ; la Bretagne, sa région ; et la gauche, son camp politique, perdent un acteur majeur de leur histoire et de leur développement. »Marc LE DUC.(1) Obsèques ce jeudi, à 10 h 45, cimetière-parc de Nantes (crématorium).
Ouest-France