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Les anciens combattants marocains groupés, face aux tables mémoriales, pendant la cérémonie militaire. Ils vivent tous dans un foyer d'accueil, sans aucune aide médicale ou matérielle. Ils ne perçoivent que leur pension d'anciens combattants étrangers. Et, pourtant, chaque année, ils participent à ces cérémonies militaires. Ils ne veulent ni oublier ni que la France les oublie.
Auparavant, une messe est concélébrée dans la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes par Mgr Georges Soubrier, évêque de Nantes, et plusieurs prêtres du diocèse. L'accueil des fidèles, civils ou militaires, par l'évêque de Nantes est empreint d'humanité : « En ce jour, l'expression de notre fidélité et de notre reconnaissance témoigne de notre attachement en la personne de ceux qui ont risqué et donné leur vie pour notre pays. Mais aussi à leur passion pour la liberté, la dignité, la justice, la fraternité. »
Dans son homélie, le père René Garrec, vicaire épiscopal et professeur à l'université catholique d'Angers, reprend ces thèmes en insistant sur la fraternité : « Nous devons fidélité à la mémoire car Dieu lui est fidèle. Nous devons surtout vivre dans la fraternité. Nous en avons déjà l'expérience mais elle demeure en souffrance. Sans fraternité, liberté et égalité restent lettres mortes. » Pour y parvenir, le père Garrec pose trois conditions : « La première : reconnaître nos fragilités. On a toujours faim et soif. On est toujours nu ou étranger. La deuxième : récuser la fatalité. Sans justice, la paix n'est pas évangélique, elle est angélique. Sans l'horizon d'une paix, la recherche de justice risque d'être désespérante. Et, enfin, troisième condition : dépasser la facilité qui serait de se contenter d'éviter le pire. »
Une homélie d'actualité qui a marqué la conscience des fidèles en ce 8 mai 2008.
Chantal BOUTRY.