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Gloria Cuartas est constamment menacée de mort en Colombie. : Photo Philippe CorbouLe public a ainsi pu découvrir Gloria Cuartas, qui recevra, demain soir, lors de la cérémonie de clôture du forum, le prix de l'Édit de Nantes des mains de Jean-Marc Ayrault.
« Une grande fierté »
La Colombienne, militante acharnée des Droits de l'Homme dans son pays, qui se bat également pour la cause des femmes partout dans le monde, a avoué sa « très grande reconnaissance d'avoir reçu ce prix. Je suis vraiment très émue de le recevoir et il me permettra de développer et poursuivre mon travail sur le terrain. J'espère aussi que, grâce à ce prix, je pourrais voyager plus tranquillement dans mon pays, où je suis constamment menacée de mort et où je suis régulièrement poursuivie. Ce prix prouve également l'importance de la voix d'une femme qui se bat, au quotidien, sur le terrain ».
Gloria Cuartas, qui dénonce les agressions dont sont victimes les femmes dans son pays, essaye de mener des actions concrètes avec les associations de femmes. « Je sers également de relais entre les différentes associations. Mais c'est un combat difficile, puisqu'en Colombie, la représentation politique des femmes n'est que de 12 %. Et 800 des 1200 arrondissements colombiens n'ont jamais eu de femmes à leur tête ».
« La gauche doit se développer en Colombie »
Gloria Cuartas regrette aussi toutes les violences envers les femmes, « victimes de mal traitement, d'abus sexuels... Bien souvent, et en particulier dans les zones où il y a des forces armées, les femmes servent de confort sexuel et il n'est pas rare de voir des adolescentes enceintes et (ou) violées ».
La Colombienne souhaite également que le processus démocratique soit surveillé de près dans son pays. « Il faut que les partis de gauche, comme le parti démocratique alternatif où j'adhère, gagnent du terrain, soient plus représentés. Il faudrait que ce type de mouvement se généralise dans mon pays et que ce ne soit pas uniquement restreint à Bogotá. D'ailleurs, je ne pense pas qu'il soit possible de mettre fin aux conflits qui secouent la Colombie avec des militaires. Seul le dialogue politique pourra le permettre. Et on en est encore très loin ».
Philippe Corbou