Édition du dimanche 05 octobre 2008
La montagne, ça vous gagne
Ligue 1 : Grenoble - Nantes (0-1). Les Canaris ont signé leur première victoire à l'extérieur, quittant ainsi la zone de relégation. Les bienfaits de trois jours de stage à la montagne.
GRENOBLE (de notre envoyé spécial). C'est un vieux dicton zoulou. Izandla zyagezana. En d'autres termes, une main lave l'autre. Le parfum d'échec ne colle donc plus à la peau des Nantais. Celui de la victoire peut paraître flatteur. La formation d'Elie Baup est encore une jeunette laborieuse. Toutefois, aux pieds des Alpes, elle a empoigné ses outils de fortune. Associés à un désir de travail plus manifeste, elle a signé sa première victoire de la saison à l'extérieur. « Une victoire à la grenobloise », comme le dira si bien Ricardo Faty. De quoi donner des boutons au milieu isérois Laurent Batlles. « Nous, on avait tout de même montré du jeu. Eux n'ont rien fait. »
Faux. Les Nantais ont joué avec leurs armes du moment : de l'abnégation, de la combativité, de la solidarité et du sérieux pour rester bien en place. Bien sûr, ça ne respire pas le talent, bien sûr, ça ne sera pas suffisant tous les samedis, notamment à domicile. Pas de quoi entamer une divine symphonie, mais assez pour esquisser un petit sourire. « Les équipes qui ont des points ne sont pas celles qui jouent ou s'expriment le plus », a fort justement fait remarquer l'entraîneur nantais. L'homme à la casquette a l'impression d'avoir donné le coup d'envoi à sa saison. « Déjà, il fallait régler le problème de la récupération du ballon car on avait dégusté lors du dernier match. Il fallait commencer dans l'ordre des choses, être cohérent. La présence de N'Daw n'a pas tout résolu mais apporté du mieux sur les longs ballons qui tombaient devant notre défense. »
Le coach nantais est décidé à agir par étapes. « On va essayer de monter les murs. Pour le design intérieur, on verra. Nous n'en sommes pas aux tapisseries mais encore aux fondations. En tout cas, si on gagne tous les deux matches, ca ira. » À Grenoble, les Canaris ont montré qu'une organisation défensive cohérente pouvait leur permettre de ramener dans leurs bagages au moins un point. D'ailleurs, ils se seraient sans doute bien volontiers contentés de ce partage des points sans la précieuse complicité de Grégory Wimbée, pas tout à fait net sur l'ouverture du score, et la lucidité du Camerounais Christian Bekamenga, qui en a profité, lui, pour inscrire son premier but en L1. « L'idée était de trouver Klasnic en point d'appui et de tourner autour », résumait le successeur de Michel Der Zakarian.
Pour une fois, la formation d'Élie Baup n'est donc pas tombée du fil fragile sur laquelle l'avait laissé la désarmante défaite à Caen. Pour une fois, elle n'a surtout pas encaissé de but casquette dans le premier quart d'heure. « C'est encore très fragile mais je pense que cette équipe peut figurer dans le ventre mou et passer un printemps tranquille, avouait Jérôme Alonzo. On est favori pour le maintien mais malheureusement, les favoris ne s'en sortent pas toujours. »
Dire que Nantes a touché les bienfaits de ses trois jours à la montagne, loin de la Jonelière et du bruit médiatique, serait allé un peu vite en besogne. Ricardo Faty : « Ce n'est pas un changement radical, un nouveau Nantes, mais on s'était égaré. Ce soir, nous nous sommes retrouvés. On a juste recréé notre bulle. » Pour autant, ce mini-stage a donné une autre dimension au mot solidarité, selon Jérôme Alonzo. « Trois jours utiles. En plus, il n'y a pas eu trop de bagarre ! » Ça vaut bien trois points.
Christophe DELACROIX.
Ouest-France