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Édition du samedi 10 mai 2008

La post-formation en pôle position

Sept jeunes du centre de formation viennent de signer un contrat professionnel au FC Nantes. Au nom du principe de précaution, selon Christian Larièpe.

C'est un laboratoire d'où parviennent à s'extraire à intervalles irréguliers quelques graines de champion. À la Jonelière, Dimitri Payet et William Vainqueur en sont les dernières pousses. Il n'est pas acquis, loin de là, que l'intégralité des sept jeunes ayant paraphé leur premier contrat pro en faveur du FC Nantes goûtent un jour au parfum de l'élite.

Mais les dirigeants nantais ont pris les devants, au cas où. Ils ont agi au nom du principe de précaution. Laurent Guyot, directeur du centre de formation, déplore cette frénésie qui génère des signatures précoces validant l'acquisition du statut suprême.

Sur les sept néo-pros de la « Jone », un seul a selon lui le niveau requis aujourd'hui. « C'est la perversité du milieu qui veut ça. La vérité est que ces jeunes ont signé un contrat pro, mais qu'ils n'en ont que le nom » reconnaît Christian Larièpe. Confrontées à un pillage en règle de leurs jeunes pépites, les instances fédérales phosphorent. Parmi les pistes explorées, celle menant à la rédaction d'un contrat unique de formation à durée variable, à l'issue duquel le jeune joueur signera un contrat professionnel ou sera purement et simplement éjecté du circuit.

À Nantes, le patron technique de la Jonelière avoue « se poser beaucoup de questions. Il y a énormément d'échecs dans la formation. » Le secteur fera l'objet d'une réorganisation dont les contours seront précisés d'ici une dizaine de jours.

Plus performants sur les 16-18 ans

La post-formation constitue le cheval de bataille du directeur technique. Et les recruteurs nantais recevront une feuille de route ne laissant que peu de marge de manoeuvre. « Je veux qu'on soit plus performants sur la tranche d'âge 16-18 ans. Les meilleurs de chaque région doivent être supervisés par notre cellule et doivent constituer 70 % de notre recrutement. Je ne veux pas que l'on passe la majorité de notre temps à superviser des benjamins. » Vivier dans lequel puisait sans compter l'équipe fanion il y a peu, le centre de formation n'est représenté qu'à dose homéopathique sur les feuilles de match des Canaris.

L'objectif avoué est d'inverser la tendance. « D'ici 5 ou 6 ans, on aimerait que 50 % de l'effectif professionnel soit constitué d'éléments issus du centre de formation », annonce Christian Larièpe. Nuance de taille dans les propos du directeur technique nantais. « Cette moitié d'équipe n'aura pas nécessairement gravi tous les échelons de la formation à la Jonelière mais sera probablement issue en grande partie du groupe de postformation. » Autrement dit : de joueurs ayant débarqué à Nantes avec un certain bagage. Cette nouvelle orientation constitue-t'elle à terme une menace pour les plus jeunes catégories d'âge ? Le FC Nantes envisage-t'il un jour de « sous-traiter » la formation des 12-13 ans, voire au-delà ? Une chose est sûre : l'ouverture du Pôle Espoir de Saint-Sébastien sur Loire n'est pas faite pour déplaire à Christian Larièpe. « On aura ces jeunes en préformation sous les yeux. Il y aura de la concurrence avec d'autres clubs, mais j'espère qu'on aura une forme de priorité... Nous devrons de toute façon être plus réactifs ! » On peut y déceler un élément de réponse.

L.F.

Ouest-France

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