Lassaâd Métoui calligraphie l'amour et le vin
Dans la main du calligraphe Lassaâd Métoui, L'Amour, le désir et le vin sont des paroles à boire. : Photo Arnaud Jaffré
La poésie est le support idéal de la calligraphie. Les illustrations réalisées par Lassaâd Métoui dans « L'amour, le désir et le vin » le démontrent.
La calligraphie est l'acte esthétique par excellence. Les caractères arabes se prêtent aux dessins et permettent à cet artiste confirmé de célébrer l'amour à travers les quatrains d'Omar Khayyâm, un poète persan du XIe siècle. Ses vers sensuels et mystiques, à la gloire du vin et de l'amour, ont forgé son image d'auteur libertin et irrévérencieux.
Le parfum de la terre
Fasciné par Omar Khayyâm depuis son adolescence, le calligraphe Lassaâd Métoui est certain que l'auteur persan est « le seul à réussir à parler du vin de façon mystique dans une démarche spirituelle. Le vin révèle le parfum de la terre et donc le parfum de l'amour ». Mais, « l'ivresse n'a d'autre fin que la recherche de la beauté », précise-t-il. Si la poésie de Khayyâm est très spirituelle, elle reste accessible. « Il faut juste la prendre au second degré », souligne Lassaâd.
Pour illustrer la beauté dans les vers de Omar Khayyâm, Lassaâd Métoui a choisi le noir, parce que « c'est une couleur qui permet d'atteindre le sublime dans la création artistique. C'est la couleur de la féminité, du raffinement et de la puissance ».
Voyage intérieur
Le calligraphe ressent l'inspiration comme « une joie énorme quand elle arrive ». En réalité, « c'est un voyage complexe qui permet d'être dans la peau du poète persan pour représenter la sensibilité de ce qu'il décrit dans ses poèmes : l'amour comme centre du monde ».
Au final pour Lassaâd, lorsqu'on travaille sur Omar Khayyâm, « l'inspiration fait aimer les femmes et admirer l'amour, alors que le vin fait voyager à l'intérieur de soi ».
Citoyen du monde
Tunisien et Nantais d'adoption, Lassaâd Métoui se sent « agressé par l'intolérance et la crise de confiance en l'homme ». Lui qui se présente comme « un citoyen du monde », ne rejette rien et s'adapte dans le respect et l'amour de l'autre, parce que l'amour est « le centre de sa recherche ». Ces principes lui ont permis d'être apprécié partout. En effet, l'artiste au dreadlocks enseigne la calligraphie arabe et latine en Europe et au Maghreb. Son travail y est régulièrement exposé, en dehors des ouvrages qu'il a illustrés depuis 2001.
Comme un membre du cercle des poètes disparus, Lassaâd invite à « vivre tous les jours, parce que les jours qui passent ne reviennent jamais ». En attendant, Aimer, c'est plus que vivre, son prochain livre, les illustrations de Lassaâd Métoui sur les vers d'Omar Khayyâm sont à déguster sans modération dans L'Amour, le désir et le vin.
Bocar Alpha Kane
« L'amour, le désir et le vin », éditions Alternatives
Presse-Océan