Le FC Nantes retombe dans ses mauvais travers
Les Nantais de Bagayoko et Rémi Maréval ont à nouveau livré un match très décevant. Riri le Canari doit se retourner dans sa tombe. : Franck Dubray
Ligue 2. FC Nantes - Niort : 1-1. Sans allant ni collectif, les Canaris ont buté sur le 18e du championnat. La Beaujoire a une nouvelle fois sifflé.
La question adressée à Michel Der Zakarian était pertinente et même un peu perfide, mais elle en disait long sur la prestation livrée par le FC Nantes hier soir. « N'avons-nous pas vu le vrai visage de votre équipe ce soir ? » Il faut dire qu'après les 90 minutes soporifiques passées à la Beaujoire, tous les observateurs étaient en droit de se poser la question. En quatre jours, l'équipe solide, efficace et cohérente dans le jeu qui est allée gagner à Troyes s'est montrée pataude, sans allant ni idée et été piteusement tenue en échec par le 18e de la division. Ça fait quelque peu désordre non ?
Laissons cependant le coach nantais répondre à cette question en forme de constat : « on n'avait pas de cannes... Malgré cela, on fait un bon début de match puisqu'on ouvre le score tôt. Mais nous n'avons pas su tenir les 5 minutes qui auraient obligé Niort à sortir. On perd vite le ballon, on ne l'attaque pas. Après, on joue très très mal. On manque de justesse technique, de lucidité et de mobilité. » OK, compris, ce sont donc bel et bien les mêmes travers relevés lors des pathétiques dernières sorties nantaises à la Beaujoire face à Libourne et Grenoble ou à l'extérieur comme à Gueugnon.
Nantes a été comme absent de cette partie. Doit-on trouver les raisons de ce mauvais moment à une condition physique qui commence à être altérée ? Ou par un état d'esprit de conquête resté aux vestiaires. Il est vrai que Nantes est déjà en Ligue 1 et qu'inconsciemment, de surcroît face à un mal classé, les joueurs ont levé le pied. « Mais nous ne sommes pas encore en Ligue 1 », martèle le coach nantais comme dans un mauvais refrain d'un disque rayé, non sans oublier de reprocher à un de ses interlocuteurs de ne pas souscrire à cet état de fait. « Vous pouvez souffler, lance-t-il à l'insolent au milieu de sa phrase, mais mathématiquement, rien n'est fait. »
Des points lâchés...
Mais alors qu'attend Nantes pour enfin valider son accession au classement ? Le public nantais, qui a logiquement sifflé ses protégés, doit-il supporter de tels matches d'ici la fin de la saison ? Quand le technicien nantais avance que « pour devenir champion, il faut gagner ces matches et ne pas lâcher des points comme on l'a fait ce soir », que fait-il pour empêcher une si médiocre prestation de ses hommes ? Quels mots a-t-il trouvé pour les persuader qu'ils ne sont pas en Ligue 1 ? On cherche encore...
En tout cas pas autant que les Niortais, qui avaient bien préparé leur affaire. « Le puzzle que l'on avait mis en place a bien fonctionné. Ça fait plaisir de voir que ce que l'on a travaillé cette semaine a fonctionné. On a fait déjouer notre adversaire. On a posé beaucoup de problèmes à cette équipe, 2e du championnat. Et pour nous, ramener ce point du match nul de Nantes est un exploit... »
S'il y avait en effet une équipe qui a su, avec ses moyens, bien utiliser le ballon, elle portait un maillot bleu hier soir. L'autre, enlisée dans un ersatz de jeu, a bafouillé son football. Elle n'a rien montré ou si peu. Question de visage là encore...
Raphaël BONAMY.
Ouest-France