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Édition du vendredi 08 juin 2007

Le Hangar à bananes, une affaire qui marche

Au bout de l'île de Nantes, cafés et restos ont ouvert dans ce lieu longtemps laissé à l'abandon. Un bon début.

« Ici, c'est plus qu'une histoire d'argent, c'est autre chose, c'est magique », glisse Pascal Botte, le patron du bar-resto-crêperie « Le Cargo ». L'homme est-il commercial ou sincère ? On le croit sincère. Il raconte : « Ce matin, un homme est venu boire un café avec sa femme. Il m'a dit qu'il était mécano sur un de ces bateaux qui débarquait des bananes. Sa femme, elle, venait avec son frère à vélo chercher des oranges. Vous voyez, on fait renaître la jeunesse des gens. »

Nous sommes au Hangar à bananes, là-bas au bout de l'île de Nantes. Avec vue sur Trentemoult, les immeubles en peigne de la Butte Sainte-Anne, et la mer qu'on doit certainement deviner après quelques verres. Dans ce nouveau lieu de 9 000 m2, austère à première vue, huit bars, cinq restaurants, une boîte de nuit (ce sera le « Quai West » qui va quitter le quai François-Mitterrand à la mi-juillet) et un espace culturel. Tout n'est pas encore ouvert, loin de là : manque encore à l'appel un troquet et 4 restos.

« Pas branché, mais populaire »

Tant pis, dans « ce village » (dixit Jean-Marie Nex, le promoteur immobilier), on se frotte déjà les mains au-dessus des tiroirs-caisses : « On a démarré le 25 mai. Pour un lancement, c'est inespéré. Non, franchement, y'a rien à dire », affirme Stéphane Sintès, 28 ans, et patron du « IDN ». Et son collègue du « Cargo » où, dans peu de temps, la viande sera cuite au feu de bois : « On a une très très grosse demande. Samedi, on a fait 320 couverts. On a refusé du monde. Si d'autres restos étaient ouverts, ça me soulagerait. À propos, je passe une petite annonce : on recherche du monde. »

Bref, un début sonnant et trébuchant qui inquiète de l'autre côté de la Loire, dans le centre-ville. Chacun des tenanciers tente une réponse rassurante : « Ce n'est qu'une dizaine de bars-restos en plus à Nantes », dit l'un d'eux. Un autre ose : « Le Hangar va avoir un effet entraînant : il donnera envie aux gens de la périphérie de venir à Nantes. Ils savent qu'ici ils pourront se garer sans problème. ça va donc faire venir du monde. Et après, ils iront dans le centre. » À voir... D'autant moins sûr qu'il y a aussi « cette idée folle » (toujours signée Jean-Marie Nex) : « Du vendredi soir au dimanche, ouverture non-stop, affirme le promoteur immobilier. Quand le « Quai West » fermera à 7 h, un café prendra le relais. » Sans crainte de tapage tant les plus proches voisins sont éloignés : « Il n'empêche, dit ce bistrotier, on a dû se mettre hyper au carré sur la réglementation acoustique. »

Tant mieux, sur les berges où défilent les anneaux de Buren, on pourra goûter tranquillement au vent frais de « cette station balnéaire ». C'est ainsi que la décrit Jean Blaise, l'instigateur de l'expo « Estuaire ». Le patron de LU dit aussi : « Le Hangar, ce ne sera pas un lieu branché mais populaire ». Sûr de sûr ?

Jean-François MARTIN.

Les quinze lieux.

Ouverts :
Le Cargo (brasserie, crêperie), Le Dock Yard (café irlandais), La Calle (bar à tapas), Alter Café (bar équitable), Suite 21 (bar cabaret), Le Rond-Point (bar traditionnel, apéro-concert), Le ferrailleur (café-concert tendance rock), Live Factory (café-concert « musiques actuelles », studio), IDN Café (ouvert), salle expos.

Pas ouverts: Paris je t'aime (bar électro, ouvert en septembre), My asian time (resto asiatique, ouverture mi-juin), Icône (bar), LC Club, ex-Quai West (boîte de nuit, mi-juillet) et Teo (resto, ouverture en septembre).

Ouest-France

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