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Coupe de France : fin de l'aventure pour Carquefou

Édition du lundi 04 février 2008

Le Paih : « Nous sommes des privilégiés »

Carquefou - Nancy : 2-1. Au coup de sifflet final, les Carquefoliens ont explosé d'une joie invraisemblable. À la mesure de l'exploit réalisé face aux pensionnaires de Ligue 1.

Les embrassades ont duré de longues minutes, au milieu d'un stade du Moulin-Boisseau tiraillé entre le rire et les larmes. De joie, bien sûr. Joueurs, dirigeants, bénévoles, tous ne savaient comment goûter l'incroyable performance de l'USJA Carquefou. Pierre Mauget, avouait, l'oeil humide, être « complètement HS », vidé par 120 minutes de combat permanent.

« Nancy avait tellement été présenté comme une montagne que j'ai du mal à réaliser, expliquait ainsi Denis Renaud, une fois la folie un peu retombée. C'est ma plus grande émotion en tant qu'entraîneur. J'avais tellement peur qu'on se retrouve mené au bout de vingt minutes, et qu'ensuite, ce soit l'avalanche. Quand Fortuné marque, j'ai eu vraiment peur. Je me suis dit : « c'est pas vrai qu'on a fait tout ça pour rien ». Et quand Sébastien marque, je suis dans un autre monde. »
Mais avant la délivrance provoquée par le but du capitaine, il y avait eu ce premier moment de folie, cette frappe de Lafleuriel repoussée par Grégorini sur la transversale, et que Laurent Delanoë, le gamin de Vertou, avait poussée au fond des filets : « Quand tu vois la balle au fond, tu ne réfléchis plus. Tu planes. Je m'étais pas mal fait chambrer par les mecs de Vertou, quand ils avaient joué Nantes, et je leur avais dit qu'avec Carquefou, on ferait quelque chose de beau. Je suis là depuis six mois, je découvre ce groupe, c'est extraordinaire. »
Très serein après la rencontre, Max Moreau trouvait lui doucement les mots : « On a fait plus qu'un exploit. C'est magique. Sur le but de Laurent, je me suis arrêté pour écouter les 3 000 personnes qui étaient au stade hurler. C'était incroyable. » Dans le vestiaire en train de se vider, Sébastien Le Paih savourait ce nouveau grand moment dans sa carrière de joueur. « On a beaucoup bossé, on a fait beaucoup d'efforts, mais on est des privilégiés de pouvoir vivre des moments comme ça. »

Née un vendredi soir

Cette victoire, le capitaine de l'USJA estimait qu'elle était née vendredi soir, lorsque les Carquefoliens s'étaient retrouvés au Novotel de Carquefou. « On a profité de cette mise au vert pour se retrouver entre nous. C'est quelque chose qu'on n'a pas l'occasion de faire à notre niveau. Cela nous a permis de bien nous recentrer sur nous-mêmes. »
De quoi trouver en eux la force de réaliser ce magnifique exploit... et de croire un peu plus en une étoile qui, décidément, refuse de pâlir, quel que soit le pedigree de l'adversaire. « On n'est plus qu'à trois matches du stade de France », s'amusait ainsi Denis Renaud en guise de conclusion. Une boutade qu'on va finir par prendre au sérieux.

Julien ROPERT.

Ouest-France

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