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Antoine Blondin sur les routes du Tour de France en 1962. : DR22 juin 1957 : Les amitiés particulières. Le Tour part de Nantes direction Granville, dans la Manche. C'est une première. Pour Antoine Blondin, c'est l'occasion de mettre en exergue les coureurs : « A l'heure du départ, ce peloton de 120 coursiers ressemble à une école dont les élèves se pousseraient du coude pour se caser les uns à côté des autres, chacun en quête d'affinité, une école qui auraient ses glorieux redoublants... »
1er juillet 1959 : Un spectacle son et Rivière. L'étape contre la montre entre Blain et Nantes donne à Antoine Blondin l'occasion d'être flamboyant : « On a pu voir Lefèvre pédaler utile aux approches de Nantes, Anquetil dans la position du coureur couché, Baldini courbant un peu plus sur son vélo l'arc-en-ciel de son maillot. On a surtout admiré Rivière, bulldozer au long cours dont l'éclat à ouvert un sillon rayonnant à travers les nuages où s'enveloppait cette course. » Tout est dit.
5 juillet 1968 : L'inédit de Nantes. Antoine Blondin profite de l'étape Lorient - Nantes pour mettre en exergue son ami l'écrivain Nantais Paul Guimard, qui lui aurait confié : « Sur la route même que nous parcourons, j'ai souvent roulé à vélo au temps de l'Occupation, en quête d'une livre de beurre clandestine. La côte de Savenay que nous venons de gravir avait, pour moi, les dimensions d'un Galibier. Dans le sillage des coureurs, j'ai cru que c'était une descente. »
20 juillet 1974 : Les embarras du Chouan. Lors de l'étape qui mène les coureurs de Saint-Jean-de-Monts (Vendée) à Nantes, une manifestation des paysans va obliger la direction de la course à modifier le parcours. Antoine Blondin raconte : « Le Tour de France s'escamota dans le bocage, inventant sous ses pas un nouvel itinéraire. » Quelques lignes plus loin, il précise : « Reconnaissons toutefois que, durant une dizaine de kilomètres, la course souffrit de quelques troubles de circulation... » Sans doute une des meilleures chroniques d'Antoine Blondin.
7 juillet 1980 : Peu de vent dans les voiles. Le sprint à l'arrivée de l'étape Saint-Malo - Nantes ne lui a guère plu, il le dit : « Un sprint massif, mais pas franc, a sanctionné une étape qui, vue de l'extérieur, pourrait être considérée comme celle des désillusions. En premier lieu, chez les Renault-Gitane, pour qui elle semblait construite sur-mesure dans le genre prêt-à-partir... »
4 juillet 1981 : Les voilà pour vous. L'étape de transition Rochefort - Nantes est pour Blondin l'occasion d'une ode au Tour : « Un des mérites de cette épreuve est non seulement de porter la foule vers l'athlète, mais de rendre celui-ci à la foule, de le restituer à une communauté inquiète et ardente. »
13 juillet 1982 : Lorient - Express. On n'a pas chômé, entre Plumelec (Morbihan) et Nantes, Antoine Blondin en est conscient : « Hier, l'assaut porté pour conquérir la Loire-Atlantique, entre les lieux explicites qu'on appelle justement côte du Calvaire ou côte de Guerrefer, se montra autrement féroce. L'Armor ne se confond pas avec l'art mort mais plus certainement avec l'armure. »
Les 524 chroniques d'Antoine Blondin sur la Grande Boucle sont regroupées dans Tours de France (éditions de la Table Ronde).