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FC Nantes-Atlantique

Édition du mardi 22 mai 2007

Le blues des supporters des Canaris, bien au-delà de Nantes

Ils habitent en Sarthe, dans le Maine-et-Loire ou à Fréjus... Ces supporters du FCNA étaient des fidèles parmi les fidèles. La descente en ligue 2 les touche peut-être plus que d'autres.

« On s'est dit c'est fini. Samedi, j'ai eu énormément de mal à quitter la Beaujoire et je peux vous dire qu'il y avait des larmes dans les yeux... » Le Football-club Nantes Atlantique est entré dans la vie de Françoise voilà sept ans. « Un ami m'a dit, viens voir un vrai match, un vrai stade et une vraie ville. C'est devenu une passion. » Depuis, cette habitante de Beaugency, près d'Orléans (Loiret), n'a raté que très rarement les rendez-vous nantais.

Le rituel était bien rodé. 194 km en voiture pour rejoindre le club de Mazé (Maine-et-Loire), puis 110 km en car jusqu'au stade. L'abonnement, l'essence, les péages et tout le reste ont fait quelques gros trous dans le porte-monnaie de cette agent territorial spécialisé des écoles maternelles. « Je ne comptais pas. C'était sacré, marqué au surligneur sur le calendrier. » Le FCNA rejoint la Ligue 2. Comme la très grosse majorité des fanas des Canaris, elle pique une grosse colère. « On en veut à ces dirigeants qui n'y connaissaient rien, mais il est hors de question de laisser tomber le club. » Elle va donc renouveler son abonnement, même avec des matchs inscrits le lundi et le vendredi soir, quand bien même elle ne pourra plus venir autant.

« Se contenter de la télé »

Cette saison, le FCNA a compté 17 000 abonnés. En dehors de la Loire- Atlantique, ils viennent surtout de Vendée, Maine-et-Loire et Morbihan. « Les chiffres n'étayent pas le mythe d'un grand nombre de Rennais », assure Benoît Sevel, responsable du marketing du club.

Plus on est loin, plus on vit mal cette descente. Et pour cause. Nicolas, Parisien pur souche, est tombé dans le jaune canari à 5 ans. Jusqu'à l'an dernier, il était président d'Esprit canari, club de supporters d'Ille-de-France, 80 personnes actuellement. « En trois ans, je n'ai guère raté que quelques matchs l'an dernier. Avec les lundis et vendredis de Ligue 2, il faudra se contenter de la télé... », explique ce contrôleur de gestion.

Également privé de match à cause des jours et des horaires, Yann, chauffeur livreur dans le Morbihan. « Je me contenterai de quelques déplacements, mais pas autant qu'avant. » Régime encore plus sec pour Laurent Liboux, le patron du Canaris Port Fréjus (20 fans), sis à la Pizzeria chez Lolo, dans la cité du même nom. « On montait à Nantes lors des rencontres avec les clubs du Sud. On a pris un sacré coup au moral. Mon fils de 13 ans continue à porter le maillot de Da Rocha au collège, même s'il se fait chambrer. »

Stéphane Seillé préside le Yellow-Flight 49, siège à Mazé, 185 adhérents dont 80 abonnés. Ils n'habitent pas seulement le Maine-et-Loire, mais dans la Sarthe et la région Centre au sens large. Outre les déplacements, des fêtes sont organisées deux fois par an dans ce cercle de convivialité.

Comment réagissent les gens ? « Un fort mécontentement. Il a fallu que les dirigeants aillent loin pour pousser ce public pacifique et fair-play à sortir de ses gonds. Il y a dans nos rangs des gens qui ont connu Nantes à Saupin. J'y suis moi-même allé à 8 ans. Il y a eu 40 ans de passion et 4 ans de destruction. Le mot d'ordre pour l'instant, c'est de se désabonner, mais on va rester Nantais à part quelques-uns qui iront au Mans... On va voir. Peut-être que l'on viendra voir les matchs au coup par coup... »

Thierry BALLU.

 

36 000 spectateurs aux beaux jours. Le FCNA compte 17 000 abonnés cette saison, dont 3 000 places d'abonnement achetées par des entreprises. 83 % des abonnés sont originaires de Loire-Atlantique, 8 % de Vendée, 5 % du Maine-et-Loire, 2 % du Morbihan. Il y en a seulement 78 en Mayenne, 11 en Sarthe, 78 en Ille-et-Vilaine. Ce qui ne signifie pas que l'on ne vient pas plus nombreux de ces départements. La Beaujoire, au plus fort, c'était 36 000 spectateurs. Des 19 000 venus avec un billet en poche ces jours-là, on ne connaît pas l'origine géographique. « Des tentatives de sondage pour y voir plus clair n'ont rien donné », assure Benoît Sevel, responsable du marketing. Le club parie sur une baisse de 30 % des abonnés pour la prochaine saison. Les tarifs vont être simplifiés et baisser de 25 % en moyenne. Chiffre à prendre avec des pincettes, les tarifs baissant plus dans certaines tribunes que dans d'autres.

 

Ouest-France

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