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Chantier

Édition du mardi 06 février 2007

Le chantier pharaonique des tailleurs de pierres

Le château des Ducs de Bretagne rouvre ses portes vendredi. Rencontre avec l'entreprise de maçonnerie et taille de pierre Lefèvre.

Le chantier du château s'achève. Dans les derniers jours de janvier, David, Dany et Jonathan, intervenaient encore sur le bastion Saint-Pierre, côté cathédrale : « Une grosse racine déstabilisait le mur. Nous avons démonté pierre par pierre et nous reconstruisons ».

Depuis 1999, trente maçons et tailleurs de pierres, en moyenne, ont chaque jour restauré le château. Lefèvre, installée à Sainte-Luce-sur-Loire, est une des plus importantes entreprises de France dans son domaine. Elle est connue et appréciée dans le monde de la réhabilitation des monuments anciens. Cette société de 350 salariés participe, notamment, à Nantes aux chantiers de la cathédrale et de l'église Saint-Nicolas.

Au plus fort des travaux, ils ont été jusqu'à 50 ouvriers à l'oeuvre. « Ce chantier a été gigantesque. Nous l'avons traité de manière humaine : il n'était pas question d'employer de gros engins, genre grues », souligne Christophe Loëb, directeur régional. « Ce chantier a été pharaonique », renchérit d'ailleurs le patron.

Poutres rentrées à la main

Les travaux confiés à Lefèvre ont mobilisé 11 millions d'euros d'argent public, soit quelque 40 % de l'enveloppe consacrée à la restauration. La structure des planchers a été solidifiée, « pour qu'ils résistent à hauteur de 500 kg le m2 ». Le renforcement des structures a été mené tout en sauvegardant l'apparence XVe à XVIIe du château : solives, murs, planchers ou cheminées d'époque. Non sans avoir raboté ici ou là des seuils, élargi des ouvertures... pour répondre aux impératifs de sécurité et aux exigences d'un musée du XXIe siècle.

Les planchers ont été posés sur des poutres béton de 9 mètres de portée et 40 cm d'épaisseur : « Des poutres de 4 tonnes qu'il fallait rentrer à la main avec des palans. » Les façades côté cour d'honneur ont été consolidées et déssalées : « Nous avons remplacé 400 m3 de pierres à cet endroit. »

La partie la plus importante de l'intervention a concerné les pavillons des tours jumelles, côté pont-levis. « Nous avons remonté tous les combles jusqu'à la pointe du pignon. » Les lucarnes et campaniles ont été restitués. Les parapets des deux tours rondes (la Tour du pied-de-biche et de la Boulangerie) ont été remontés, pour permettre la couverture du chemin de ronde.

Des câbles camouflés

Le Vieux donjon, où est installé le restaurant, a aussi fait l'objet de soins : « On a refait les enduits et planchers. » Les compagnons de Lefèvre ont camouflé les câbles du plan lumière et fait en sorte que les réseaux deviennent invisibles. Ils sont intervenus sur les trois ponts : dormant, du Secours et de Loire. « On a fait toutes les piles du pont de Secours. »

En somme, les gars de Lefèvre ont relevé le défi qui consiste à créer un musée d'aujourd'hui dans un bâtiment d'un autre temps. « On s'en est pas trop mal sortis », avoue le directeur régional. Les bâtiments ont-ils été respectés ? « Oui », répond Christophe Loëb. Lequel, comme ses hommes, « est fier d'avoir participé au sauvetage d'un monument majeur de la ville ». D'avoir redonné « de la noblesse à un château riche d'Histoire ».

Ouest-France

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