Édition du mardi 08 janvier 2008
Le château des Ducs se dévoile de haut en bas
On peut venir explorer quelques beaux recoins perchés et planqués de l'édifice nantais lors d'une visite insolite. Et sportive.
Ça monte, ça descend. Ça monte, ça descend. Autant le dire tout de suite, la visite des lieux cachés du château des Ducs de Bretagne n'est pas de tout repos. C'est que ça se mérite un secret. Le premier d'entre eux, une loggia, que l'on doit à Anne de Bretagne, ne s'offre qu'au prix d'une jolie ascension. Mais l'effort vaut le coup. La vue imprenable sur les toits de Nantes est à couper le souffle. On grimpe encore pour atteindre une deuxième loggia, plus petite. Panorama plus vertigineux encore. C'est que ça donne un peu le tournis tout ça...Elodie Allard a-t-elle le vertige ? La médiatrice culturelle, qui mène la balade avec énergie, n'en paraît rien. Du haut de la tour de la Couronne d'or construite par François II, elle énumère sans ciller les bâtiments où pointent crânement cheminées et clochers. « Vous voyez la chapelle de l'Oratoire ? Et là-bas l'église Saint-Clément, le lycée Clemenceau... et là, le grand bâtiment bleu et blanc, c'est Beghin Say. La dernière raffinerie de France à travailler le sucre de canne. » Floriane, de Couëron, a embarqué mari et fille dans l'incursion. Encore sous la magie d'une exploration peu banale du château de Chambord. « J'ai découvert que Chambord possède 365 cheminées, une pour chaque jour de l'année... » Regard scintillant. « J'adore l'histoire. Ma fille aussi. Là, c'était l'occasion de découvrir le château des Ducs que je n'avais pas vu encore rénové, sous un jour nouveau. »La tour des Espagnols en miettesRetour dans la cour du château. Elodie Allard, trousseau de clés géant à la main, embarque ses 18 visiteurs dans la tour qui abrite aujourd'hui le restaurant Les Oubliettes. Pour atteindre un autre lieu insoupçonné, il faut emprunter un drôle de labyrinthe historique. Un bout d'escalier du XVe siècle, une volée de marches du XVIIe, un pan d'édifice du XVIIe. Le groupe déboule finalement sur la terrasse d'une tour du... XIVe siècle, dite du Vieux-Donjon, édifiée par le Duc de Bretagne, Jean IV de Montfort. La vue vaut le coup d'oeil mais c'est surtout la charpente en bois, d'une magnifique complexité, qui attire les regards. On ne verra rien de la tour des Espagnols, en miettes après son explosion, en 1800, déclenchée par l'effondrement d'un plancher où était stockée une belle réserve de munitions...Cris d'horreurIl y a les hauteurs, il y a les bas-fonds. Tour du Pied-de-biche, au pied du pont-levis, descente sans préavis dans un cachot. Après les frissons des cimes, le frémissement de l'abysse. Elodie éteint la lumière. « Essayez d'imaginer ce que ressentaient les prisonniers... N'oubliez pas qu'il y avait des rats et que l'eau des douves baignait le sol... » Petits cris d'horreur de quelques visiteurs. Les visites insolites, c'est pas de tout repos.Isabelle MOREAU.Les interdits du château. Prochaines visites à 10 h 30 le 20 janvier, à 14 h 30 le 2 février, à 10 h 30 le 17 février, à 14 h 30 le 28 février. Puis les 1er, 15 et 30 mars, le 24 avril, le 24 mai, et le 8 juin. Entrée : 9 € adulte, 2 € pour les moins de 12 ans. Réservations au 0 811 464 644 (les groupes sont limités à 18 personnes).
Ouest-France