Édition du jeudi 20 mars 2008
Le coup du siècle
Ils sont entrés dans la légende la coupe de France. Jusqu'alors, les Carquefoliens n'osaient pas trop s'avancer dans le parallèle avec Calais, finaliste de l'édition 2000. Parce que les hommes de Lozano avaient ouvert une voie jusqu'alors inexplorée. Parce qu'ils étaient en CFA aussi, alors que l'USJA n'évolue qu'en CFA 2. Tous les expédients étaient bons, finalement, pour éviter de se voir dans la peau d'une équipe, d'un club qui bouscule les références.
Mais désormais, ils marchent bel et bien sur les traces du plus improbable finaliste de l'épreuve reine. Dimanche, ils pourront suivre sereinement le tirage au sort. Car désormais, ils se savent capables de tout. Contre Nancy, ils ont su contrecarrer les plans du collectif le mieux articulé de notre chère Ligue 1. Et hier soir, ils ont maîtrisé l'une des plus belles brochettes d'individualités de l'hexagone. Alors, désormais, plus rien ne doit leur sembler impossible. Le stade de France était une chimère, une folie. Il pourrait quasiment devenir un objectif si leur avenir en CFA 2 venait s'éclaircir.
Mais désormais, il va leur falloir gérer une notoriété nouvelle. On ne fait pas de Marseille la risée du football français sans contrepartie. Cette semaine, ils ont déjà goûté à la machine médiatique. Dès demain, celle-ci va s'emballer. Carquefou va devenir la capitale des belles histoires pour toutes les télés, toutes les radios et tous les journaux de notre pays. Ça ne va sans doute pas être simple pour ces gens humbles qui ont su accueillir plus de 36 000 personnes en toute humilité. Mais on appelle ça la rançon de la gloire. Et quelle gloire. Celle des plus beaux exploits sportifs. Chapeau l'USJA ! Car c'est bel et bien le coup du siècle, même si celui qui vient de s'ouvrir en verra peut-être d'autres. En attendant, il faut profiter, chacun à son niveau, de moments aussi rares.
P.-Y. A.
Ouest-France