Dossier

Le palais de justice et ses abords

Dossier connexe

Édition du jeudi 05 janvier 2006

Le dernier grossiste quitte le quai Mitterrand

Le hangar de la Sonac, grossiste en matériels sanitaires et de chauffage, ne sera bientôt plus que débris. Cette entreprise quitte le quai François-Mitterrand, à Nantes : à l'issue d'une négociation gagnant-gagnant avec la Samoa, société d'aménagement de l'île de Nantes. A la place, seront érigés des logements HLM.

« Sonac a quitté son berceau. Mais elle est toujours vivante. Elle ne fait que se transformer ! ». Le propos est de François Naux, gérant de Sonac, le dernier grossiste installé sur le quai François-Mitterrand. « Ce que nous avons conclu ensemble est l'illustration du renouvellement serein de la ville sur elle-même », abonde Patrick Rimbert, adjoint au maire de Nantes chargé des grands projets.

Faisons un peu d'histoire. Le grand-père de François Naux s'installe au bord de la Loire en 1970. En 1998 encore, Sonac « investit une somme non négligeable » dans l'embellissement de son magasin, situé entre l'actuel palais de justice de Jean Nouvel et le pont Haudaudine. Mais le grossiste se trouve de plus en plus isolé sur le quai. D'autant que les locaux de Tabur, son voisin, brûlent. Et que le garage Gontrand ferme ses portes.

En 2001, la Samoa l'approche. Les négociations entre le représentant de la communauté urbaine de Nantes et le grossiste « dureront deux ans ». La Samoa achète les locaux de 1 792 m2 avec l'objectif de construire du logement social sur le terrain libéré. Et Sonac déménage dans une zone commerciale, à l'est de Nantes. « Bien sûr, ça nous fait un peu mal au coeur de quitter le quai, avoue M. Naux. Mais nous avons d'abord pensé à la pérennité de notre activité. Et là-bas, dans nos nouveaux locaux, c'est plus rationnel ».

« Pas de pont d'or »

Hormis les Mutuelles et les immeubles regroupant plusieurs médias (dont Ouest-France), deux entreprises demeurent en activité sur le quai Mitterrand. Un quai « qui va, dans les deux à trois ans à venir, voir son activité renaître ». Notamment en termes d'habitat, de bureaux, de commerces et de services. Ces entreprises encore en place sont toutes deux des dancings. Les locaux du premier, le Balapapa, rachetés par un promoteur (lire O.-F. d'hier), seront démolis. L'espace libéré permettra la construction d'immeubles de grand standing. Quant aux murs de Quai West et de La Contemporaine, ils ont été, eux aussi, acquis par un promoteur.

A la place de Sonac, 70 logements sociaux, locatifs et en accession, seront construits par Nantes-Habitat et L'Aiguillon construction. Avec vue sur Loire. Début des travaux fin 2006-début 2007. Ces appartements côtoieront l'école d'architecture, dont les travaux débuteront en avril. Conclusion de l'adjoint au maire ? « Sur l'Île de Nantes comme ailleurs, les activités se confortent, se créent. On ne chasse personne. On essaie de trouver des solutions amiables. » Et Nicolas Binet, de la Samoa, de préciser : « Nous négocions. Mais nous ne faisons pas de pont d'or ».

Gaspard NORRITO.

Ouest-France

Les autres titres