Le hand pro dépend des collectivités à 65 %
Claude Poulmarc'h : « Pour notre budget, nous espérons avoir la réponse des collectivités très vite, car nous devons envoyer à la fin de la semaine notre dossier à la commission nationale de contrôle et de gestion. » : Bruno Lebeau.
Trois sports collectifs au plus haut niveau l'an prochain. Au Handball Club de Nantes, on se prépare à la Ligue depuis l'automne dernier. Entretien avec son président C. Poulmar'ch.
>> Forum : Qu'attendez- vous de votre équipe l'an prochain ? Quels sont vos espoirs ? vos craintes ? Dites-nous aussi sur quels atouts, à votre avis,
Foot, hand et basket féminin joueront l'an prochain au plus haut niveau. En tant que président du HBCN, quel regard portez-vous sur cette triple ascension ?
Il est difficile de ne pas être au courant de ce qui se passe au FCN. On a suivi ses péripéties, la relégation l'an dernier, la remontée cette année. On regarde aussi les autres clubs. On peut parfois avoir des contacts avec l'Hermine, le Nantes-Rezé Basket, le Snuc. C'est intéressant de voir comment chacun fonctionne, à titre de curiosité. Mais on n'est pas dans un schéma de concurrence. Nos contacts les plus fructueux ont lieu dans la famille du handball.
Pour le hand (comme pour le basket féminin d'ailleurs), au-delà du défi sportif, il y a un vrai défi financier à relever ?
Ça fait un moment qu'on pense aux finances. Depuis novembre dernier en fait. On a pris des contacts avec nos partenaires habituels, la Ville de Nantes, le conseil régional, le conseil général et les partenaires privés.
Vous souhaitez, semble-t-il, que la ville apporte 900 000 € de subventions contre 300 000 € cette année. Ne demandez-vous pas une somme trop élevée aux collectivités ?
Nous n'avons pas fait une demande en bonne et due forme de 900 000 € à la Ville. Nous sommes en relations continuelles avec nos partenaires pour discuter. 900 000 €, c'est la somme qui nous semble nécessaire pour atteindre le budget global souhaité d'environ 1,6 million (NDLR : dont 100 000 € pour la section amateur).
Au final, vous tablez sur combien ?
Nous espérons avoir la réponse des collectivités très vite. On doit remettre notre dossier de financement à la commission nationale de contrôle et de gestion (CNCG) de la ligue professionnelle de hand à la fin de la semaine et on est convoqué devant cette même CNCG à la fin de la semaine prochaine.
Sur le budget escompté de 1,6 million d'euros, quelle est la part des sponsors privés et des collectivités ?
65 % devront venir des collectivités ; le reste du club, c'est-à-dire des sponsors, de la billetterie et de la télévision, sachant que le hand est télévisé. Évidemment les recettes télé n'ont absolument rien à voir avec le football. La proportion de 65/35 est celle que l'on retrouve dans la plupart des clubs de hand de la Ligue à quelques variantes près. Ça peut même monter à 70/30.
Dans votre quête des sponsors privés, vous ne craignez pas la concurrence avec le football roi ?
Ça fait longtemps que le football a une vraie aura médiatique. Il existe dans l'agglomération nantaise un vivier d'entreprises qu'il faut mobiliser. C'est à nous de les convaincre que notre projet est intéressant.
Est-ce que vous ne craignez pas que votre club perde ses valeurs familiales ?
Je ne le souhaite pas. Je n'y crois pas non plus. Nous nous sommes organisés pour que tout se passe bien. En mars dernier, nous avons créé une section professionnelle présidée par Gaël Pelletier. Amateurs et professionnels sont coordonnés sous la houlette d'un seul conseil d'administration que je préside. Avec cette organisation, chacun s'y retrouve.
Propos recueillis par Philippe GAMBERT.
A suivre : l'interview de Marie-Françoise Clergeau, adjointe aux Sports de la ville de Nantes et vice-présidente de la Communauté urbaine de Nantes en charge des grands équipements.
Ouest-France