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Le 30 août et le 1er septembre, une petite fille de 4 ans et un garçon de 7 ans en ont fait les frais au parc de Bellevue. Hier, le tribunal correctionnel de Nantes a condamné le prévenu à 18 mois de prison et 5 ans de suivi sociojudiciaire. Sous les yeux plein d'incompréhension des parents des victimes.
« Le plus souvent, je touche des garçons. En dix ans, je n'avais jamais réussi à aller aussi loin avec une petite fille. » L'aveu de ce facteur aux enquêteurs a quelque chose d'inquiétant. « Ça signifie bien qu'il fréquente souvent ces lieux et qu'il a opéré régulièrement », analyse le procureur. Les policiers ont fouillé pour retrouver d'autres victimes, sans succès.
Le lieu émeut aussi. « Il a agi dans les buissons où les enfants se cachent, dans un parc qui devrait rester le terrain de jeu des enfants », s'insurge Me Maëlle Pellen, avocate de la mère d'une des victimes. Cette dernière « ne veut plus y remettre les pieds ». Gilles a désormais interdiction d'y retourner, comme en tout endroit où des mineurs sont susceptibles d'aller, sous peine d'aller en prison pour trois ans.
Les enfants restent choqués. La fillette « ne peut plus dormir sans lumière ». Le garçon « multiplie ses crises de somnambulisme ». Quant aux mamans, « elles font souvent des cauchemars ». Le cinquantenaire devra leur payer 7 000 € de dommages et intérêts. Me Brouard-Penou, avocate de la mère du garçonnet, raconte : « Les parents ont peur. Ils souhaitent qu'un tel homme soit écarté à vie de la société ».
« Ne laissons pas l'émotion nous guider », rétorque Me Gosselin, avocate de Gilles. Le casier de son client est vierge. Sa détention provisoire depuis onze mois a été comme « un électrochoc ». « Il a fallu survivre et affronter le regard de sa famille, mais aussi les pressions des prévenus », raconte l'avocate. Repenti, présentant « des excuses sincères » aux familles, le prévenu lance : « Désormais je veux changer ce qui était mauvais en moi et ne plus recommencer. »