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« Si on laisse l'herbe pousser sur le pavé, c'est pour donner un coup de main à l'écosystème. » Philippe Férard, botaniste. Pas si folles répond en substance Ronan Dantec, l'adjoint à l'environnement. « L'herbe préserve la biodiversité en milieu urbain, gage de développement durable. » Allez expliquer ça à ceux qui ont toujours assimilé la ville au béton. « Derrière cette histoire d'herbe qu'on laisse pousser, il y a un sentiment d'abandon, analyse Ronan Dantec. C'est la grande crainte des habitants, ils ont peur qu'on abandonne l'espace public. Bien au contraire : on y fait encore plus attention ! »
Démonstration avec Philippe Férard, botaniste au Seve. Accroupi sur le pavé herbu du quai Henri-Barbusse, d'un doux geste, il a cueilli un minuscule bouquet. Pour le béotien, de simples brins d'herbe. Pour le scientifique, 10 espèces différentes qui vont servir de tampon pour absorber l'eau et les polluants. « Ce sont les seuls organismes capables de transformer une matière minérale en matière organique. Ils permettent de diminuer le ruissellement et laissent la vie s'exprimer. Alors, oui, cette herbe est indispensable. À terme, on la maintiendra en prairie. »
Que les écologistes se rassurent. Le Seve reçoit aussi des lettres d'encouragements pour ses bio initiatives. « C'est moitié engueulades, moitié bravo : on est au milieu du gué », évalue Ronan Dantec. Mais on a un gros boulot pédagogique à mener : les gens ont du mal à raisonner biodiversité. À nous d'expliquer pourquoi la ville, avec son écosystème, est devenue un espace-refuge pour la biodiversité. »
« Objectif 0 pesticide »
Ça ne s'est pas fait en un seul jour. On n'efface pas l'emploi de pesticides comme ça. « En deux ans, on est passé de 4 tonnes par an à 800 kg sur l'ensemble des services publics, signale Jacques Soignon, le directeur du Seve. Notre objectif c'est 0 pesticide. On sait qu'ils ont un impact négatif sur la nature, donc sur la santé de l'homme. » Une affaire d'équilibre frappée au coin du bon sens. « Quand on perturbe un élément, on perturbe un autre élément. Tout est vivant, tout se tient. Tout est lié : les plantes, les animaux, et l'homme », renchérit Philippe Férard.
Hirondelles et martinetsà la rue
Il y a la flore, il y a la faune. Nantes est déjà venue au secours des abeilles. La ville pense maintenant aux hirondelles et aux martinets, victimes d'une crise du logement et d'une pénurie d'insectes (liée notamment à la disparition des prairies et des haies bocagères). La solution pour aider ce petit monde pourrait venir des citadins. Compliqué ? Non. De simples gestes et techniques peuvent transformer un jardin ou un balcon en repère rassurant pour les butineurs et les oiseaux.
Isabelle MOREAU.
(1) Service des espaces verts de Nantes.