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Chantier

Édition du mardi 06 février 2007

Le plus gros chantier depuis 500 ans

Le chantier a duré près de dix ans, dont cinq en accéléré. Il a coûté, muséographie comprise, 51 millions d'euros. Et fait travailler une soixantaine d'entreprises.

Manuel Carballo a suivi le chantier de restauration du château depuis l'origine. « En 20 ans de carrière, c'est le plus beau projet que j'ai conduit », s'enthousiasme l'ingénieur de la Ville de Nantes. Qui a suivi tous les chantiers : la partie classée, menée par Pascal Prunet, architecte en chef des Monuments historiques, aussi bien que les travaux conduits en propre par la Ville (les douves, la cour, l'accès aux ponts, la mise en lumière...). « J'ai le sentiment d'avoir écrit une page de l'histoire du château », explique modestement Manuel Carballo. Sans doute plus un chapitre qu'une page, le château ayant connu là son plus vaste chantier depuis sa construction, dans la deuxième moitié du XVe siècle.

Très dégradé. Ce vaste chantier a duré 10 ans. « Le château n'était pas en ruine, mais dans un état très dégradé », explique Pascal Prunet. Il y avait urgence à agir : « Dans le Vieux donjon, les planchers et les ouvertures étaient étayés. On avait des risques d'effondrement », précise Manuel Carballo. Le Grand logis était moins en détresse, « mais c'était bien abîmé ».

Un nouveau campanile.
Les travaux ont permis de restaurer les bâtiments et de restituer les parties disparues au fil du temps, comme le campanile de 8 m de haut posé entre les tours jumelles qui surplombent le pont-levis. « Par moment, on a tutoyé les 100 personnes. À d'autres, on avait 50 tailleurs de pierre au travail. C'est énorme », note Manuel Carballo. Les artisans et ouvriers, tailleurs de pierre, ferronniers, maçons, couvreurs, charpentiers, doreurs... ont travaillé sur les façades, le clos, le plancher, la couverture. « Une soixantaine d'entreprises sont intervenues. »

Des planchers refaits.
Dans les différents bâtiments de la partie ouest du château, où va s'insérer le musée, les façades ont retrouvé un nouveau lustre. « On a refait tous les planchers, conservé les poutres quand c'était possible. Et par-dessus ces poutres, on a mis des planchers béton autoportants » : pour des raisons de sécurité au feu et de résistance. Le passage des fluides, gaines, réseaux multimédias... des milliers de km en tout, n'a pas été une mince affaire non plus. D'autant qu'il a fallu les dissimuler, pour qu'ils ne jurent pas dans ce bâti ancien.

Deux nouvelles entrées. L'idée d'ouvrir les espaces extérieurs du château au public a nécessité des travaux d'embellissement et de mise en propreté. La vase, qui obstruait les douves, a été raclée et extraite. La trappe rénovée a permis à l'eau de l'Erdre de les inonder à nouveau. La cour, tout comme le parc, ont été réaménagés. Une partie des remparts a été couverte. Deux nouvelles ouvertures, autrefois pratiquées, ont été restituées : la poterne de Loire (côté tramway) et le pont du Secours (face à la rue Prémion).

51 millions d'euros. La facture : 51 millions d'euros. La partie classée aux Monuments historiques et l'aménagement extérieur ont coûté 25 millions. La muséographie, le multimédia, le restaurant et la billetterie engloutissent 26 millions. Tandis que 3 millions sont consacrés à l'éclairage, 1 million à l'entretien des douves et 1 dernier million à l'aménagement de la cour d'honneur.

Ouest-France

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