L'aménagement de l'Île de NantesEt si l'Europe était une maison. Imaginez. L'exercice n'a rien de facile. Pourtant, Paul Pflughaupt, 26 ans, a bondi de joie quand son directeur des études lui a proposé de « plancher » sur une maison de l'Europe à Nantes. C'était il y a un an. Le jeune homme était encore étudiant, en dernière année à l'école d'architecture. L'enseignant était alors en contact avec Jean-Paul Barbe, président du centre culturel européen, l'une des associations qui rêvent d'une maison de l'Europe à Nantes. Il s'est tourné vers l'étudiant, qui venait de passer un an en Allemagne, et dont il connaissait l'intérêt pour l'Europe.
La situation d'abord. « L'île de Nantes s'est imposée. » L'étudiant est allé voir Alexandre Chemetoff, l'architecte en charge du projet île de Nantes. Il a travaillé avec Patrick Henry, chef de projet, retenant une parcelle de 430 m2 dans le triangle Dubigeon, blockhaus, Alstom. « La maison faisant 1 500 m2 de surface nette. Ça m'obligeait à travailler la verticalité. »
Le bâtiment ensuite. Il est le reflet des discussions avec les maîtres d'ouvrage. Il renvoie à sa propre vision de la construction européenne. « L'Europe, c'est la diversité dans l'unité, à ne pas confondre avec l'uniformité. J'ai joué sur la diversité des espaces intérieurs, avec des décrochés, des espaces reliés par des passerelles, des couleurs. La forme découle de cette diversité. »
Une base concrète
Le rez-de-chaussée de la maison est largement ouvert aux citoyens et au grand public. C'est le lieu des services et de la cafétéria, de la librairie européenne, du kiosque à journaux, de l'agence de voyages et du point d'information, le tout organisé autour d'un forum. « Ensuite, on monte. Et cette verticalité, c'est le chemin vers l'Europe. » Premier niveau : salles d'exposition, de réception et de conférences. Deuxième niveau : médiathèque axée sur l'Europe, espaces radio et télévision, multimédia, espaces livres enfants et scolaires. Le troisième niveau accueille les consultations spécialisées et un espace de travail. A l'étage suivant, on trouve les centres culturels et les espaces de cours, avant d'atteindre, tout en haut, la direction et un toit terrasse jardin qui permet de retrouver Nantes.
Vendredi, Paul Pfughaupt a présenté sa maison de l'Europe au jury, et aux initiateurs de la démarche. Il a été reçu architecte. « Mon projet a plu à ceux qui l'avaient commandé. » Et même si, aujourd'hui, il n'est pas question de passer à la construction, « c'est maintenant une base concrète de discussion, qui permettra, je l'espère, de faire avancer l'idée. »
Marc LE DUC.