Édition du jeudi 10 mai 2007
Le spleen de Le Dizet
« Nous visons une place dans les 6 premiers. » Aveuglé par des résultats très flatteurs lors des matches amicaux, Rudi Roussillon n'a pas pu résister à son exercice favori : l'effet d'annonce. Le Dizet, évidemment se voulait plus prudent, connaissant la fragilité des choses du terrain. Le premier match officiel, malgré la défaite (1-3 à la Beaujoire) n'attisa pas les inquiétudes. Parce qu'en face, c'était Lyon. Deux matches nuls plus tard (à Nice et contre Troyes), ce n'est plus la même musique. Le Dizet s'agace et se plaint de « déstabilisation directe ou indirecte ». Roussillon croit désamorcer : « Il a toujours toute ma confiance. » Mais la claque de Lorient (3-1) fait définitivement basculer SLD dans le spleen. Le Breton ne s'en cache plus, il est tellement las, qu'il n'est plus tout à fait là. « Il y a trop de dispersion. C'est trop. Un coach devrait pouvoir se concentrer uniquement sur le terrain et aujourd'hui, ça n'est pas le cas. » Il sait alors que la fin est proche. C'est tout juste, d'ailleurs, s'il ne l'appelle pas de ses voeux.C'est finalement un match de Coupe de la Ligue qui scellera son sort (élimination à domicile contre Toulouse), alors qu'en championnat, les Canaris (19es) ne comptent que 3 points en six journées de championnat. Le Dizet s'efface. Il réapparaîtra au coeur du mois d'avril, pour donner son sentiment : « Les dés étaient pipés d'avance, je savais que j'étais mort [...] Si Roussillon m'a conservé, c'était comme fusible pour se protéger. »
Ouest-France