Édition du lundi 25 février 2008
Les Ardennes, ça vaut la peine !
En dehors du challenge sportif, l'exil sedanais offre, a priori, peu d'attraits. Pourtant, le séjour ardennais de Quint, Thicot et Capron reste un bon souvenir.
« L'endroit le plus branché de Sedan ? C'est chez Patrick Regnault ! », sourit Eddy Capron. L'ancien Nantais a passé quatre saisons dans les Ardennes. Après Nantes et Rennes, c'est à Sedan que le défenseur central a poursuivi son cursus professionnel. La région ne jouit pas d'une réputation touristique de premier ordre. Les clichés sont tenaces.
Le plan de carrière doit néanmoins s'affranchir de ces considérations. Le Martiniquais conserve par ailleurs un souvenir ému de son séjour ardennais. « J'ai vécu une belle aventure sur le plan humain. Il faut simplement rentrer dans le coeur des gens. »
« On a croisé des sangliers »
Eddy Capron ne pensait pas s'attarder à Sedan. Il y a passé quatre saisons (1999-2003). Le contexte économique a généralement peu d'emprise sur le quotidien du footballeur. « Certes, la région est un peu sinistrée, mais on ne m'a pas mis un couteau sous la gorge pour signer là-bas. Je ne sais pas si c'est la région qui veut ça, mais j'y ai tissé des liens très forts. » Avec Patrick Regnault notamment.
« Je me souviens d'une balade en quad sur les reliefs au cours de laquelle on avait croisé des sangliers. La région est assez belle et propice aux promenades familiales en forêt. Pour les jeunes, c'est sans doute plus difficile. »
Steven Thicot, prêté au CSSA la saison dernière, n'a pas eu ce sentiment. « Je ne résidais pas à Sedan mais à Charleville-Mézières, où il y a plus de restos et de jeunes. N'ayant pas le permis de conduire, je ne pouvais pas me rendre en Belgique ou à Reims. Mais je suis casanier et ce relatif isolement ne m'a pas pesé. » Le climat peut-être davantage. « C'est vrai que Nicolas Sachy m'avait prévenu : il ne pleut qu'une fois à Sedan, mais ça dure 6 à 8 mois », se souvient Eddy Capron.
« Une discothèque pas terrible »
Séduit par la région nantaise au point d'y avoir élu domicile à l'issue de sa carrière, Olivier Quint reste profondément marqué par ses cinq années sedanaises saupoudrées de coups d'éclat, comme cette finale de coupe de France perdue en 1999 face au FC Nantes (1-0) ou une qualification européenne. Il résidait à Sedan « à 300 mètres du stade. On ne s'en portait pas plus mal. Ma femme s'y plaisait et les gens étaient accueillants et chaleureux. »
Le quotidien du footballeur offre quelques plages de répit propices aux escapades diverses. Les distractions n'étant, semble-t-il, pas légion à Sedan, l'ex-milieu gauche passait son temps libre « chez ses coéquipiers. On était tout le temps les uns chez les autres. Le groupe était très uni. Après les matches, on allait parfois manger dans un restaurant chinois. On a rarement mis les pieds dans la discothèque de Sedan car elle n'était pas terrible. » L'ouverture d'un nouvel établissement s'impose. Patrick Regnault serait-il candidat ?
Loïc FOLLIOT.
Ouest-France