Édition du lundi 04 juin 2007
Les anneaux de Buren : encerclé c'est gagné !
« En arrivant ici, j'ai vite perçu que cette promenade offrait un nouveau point de vue sur le paysage urbain et qu'en jouant avec la série, le fractionnement, on pouvait concevoir quelque chose autour du cadre, du cadrage qui découperait l'espace en différentes parcelles. l'idée de ces dix-huit anneaux alignés vers l'estuaire sur une ligne droite parfaite de 800 mètres s'est vite imposée. Après, il a fallu déterminer la taille de chaque anneau métallique (quatre mètres de diamètre) et l'intervalle entre chaque structure. Puis séquencer les couleurs bleu, rouge, vert (un spectre assez limité du fait de la fabrication) pour que chaque cercle, la nuit, se transforme en halo lumineux. » Ponctuant le paysage, multipliant les points de vue, les anneaux de Buren, installés à la pointe de l'île de Nantes tout au long du quai, fait partie des quelques oeuvres pérennes installées à l'occasion de la biennale. Artiste de renommée internationale, Buren, qui a suscité de nombreuses polémiques à New York en 1971, puis à la Dokumenta V de Kassel et à Boulogne-Billancourt, à l'occasion de l'aménagement créatif d'une place de parking, avant de diviser l'opinion avec l'affaire Palais-Royal et ses fameuses colonnes (en fait, une pièce intitulée les deux plateaux), pourrait bien faire ici l'unanimité. Et faire oublier qu'en 2003, lors des vingt ans du Fonds régional d'art contemporain (Frac), il ne s'était pas foulé en faisant claquer des bannières dans la cour du château des Ducs et en concevant une série de poteaux indicateurs censés guider l'amateur d'art vers les différents lieux d'expositions. À coup sûr, les anneaux, comme la maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult et le canard géant de Florentjin Hofman (si on arrive à la gonfler), vont vite faire partie du patrimoine visuel de Nantes.
Ouest-France