30 juin, 18h30, l'éléphant fend la foule
30 juin, 18h05, premier barrissement
30 juin, 18h, l'éléphant sort des nefs
30 juin, 12h, les derniers essais de l'éléphant
Les Machines de l'île
La construction des machines de l'Île en imagesde structures mobiles et de matériaux légers.
À quelques jours de l'ouverture au public, le chant des bruits circulaires résonne encore sous le toit translucide des nefs Dubigeon. Tandis que l'éléphant se dégourdit les jambes sur le parvis face à la Loire, fait des essais de freinage d'urgence ou d'accostage à la passerelle d'embarquement, l'aménagement des 4 000 m2 qui constituent l'emprise de la Machine touche à sa fin. Un projet auquel travaillent depuis un an et demi les architectes Nicole Condordet (agence Construire, de Patrick Bouchain) et Christophe Theilmann, intervention à la charnière entre l'opération de réhabilitation du site conduite par l'urbaniste Alexandre Chemetoff et l'installation d'un futur occupant aux mensurations exceptionnelles. À savoir des fabricants de machines extraordinaires, un éléphant de plus de vingt tonnes et une branche de vingt mètres de long. Soit un projet diffus devant englober les contraintes d'un lieu à la fois chantier et espace d'accueil du public.
Elles étaient nombreuses, ces contraintes, liées pour les unes aux termes du contrat (délais courts, budget d'1,8 million d'euros), aux bâtiments existants et à la vision globale du site pour les autres. « Il était par exemple impossible de s'attacher aux structures existantes, pour ne pas faire porter de poids sur l'ossature métallique ni dénaturer l'ensemble. On a donc travaillé sur des ouvrages mobiles et forains. » Nicole Concordet en a déjà l'expérience, elle a notamment planché avec ces mêmes matériaux légers sur le cirque de Saint-Denis ou, de manière plus anecdotique, une cabine provisoire de projection pour le festival de Cannes. Sur l'île de Nantes, les architectes ont ainsi fait le choix d'une ossature bois pour la cloison entre l'atelier des machines et l'embarcadère de l'éléphant ; de 700 m2 de bâche noire, jaune, rouge, grise en façade qui se lèveront comme un rideau de théâtre pour laisser sortir l'éléphant de l'atelier ; de serres horticoles pour abriter la galerie des machines. Les seules poutres métalliques qui ont été utilisées soutiennent la cantine sur pilotis des machinistes.
Le clou du projet se trouve sans doute du côté de l'atelier où seront assurée la maintenance de l'éléphant et construites les machines. Là où, au cours de l'été, l'association la Machine intégrera ses nouveaux bureaux aménagés dans des conteneurs maritimes. Une quinzaine empilés sur deux niveaux, « posés comme s'ils étaient sur le bateau », habillés de bois, dotés de nombreuses ouvertures et d'huisseries de récupération. Au sol, lestés de béton, d'autres conteneurs font office d'assises pour les poutres qui assurent l'équilibre des façades. « Chaque conteneur peut supporter vingt-quatre tonnes. L'autre avantage de cette caisse métallique, c'est qu'elle est déjà normalisée. On n'a rien à justifier au niveau de la sécurité. » Pour ne rien gâcher, le conteneur est aussi un gage d'économie. Et bien sûr de mobilité. « S'il le fallait, pour une raison ou pour une autre, la structure est démontable très facilement. »
Isabelle LABARRE.