Les dockers en grève contre la privatisation
60 % des 570 agents du port et des 200 dockers étaient en grève hier entre Saint-Nazaire et Nantes.
Pour la réforme des ports français mais contre la privatisation du personnel portuaire. 60 % des agents du port autonome Nantes Saint-Nazaire l'ont dit, hier, lors d'une grève.
« Le personnel d'exploitation dans un port à un coût financier important. Les entreprises locales auront-elles les reins assez solides pour le supporter ? C'est vraiment ouvrir la porte à des armateurs internationaux qui viendront faire leur marché ici. » Yves Tual, délégué CGT du personnel portuaire, syndicat majoritaire, extrapole déjà les conséquences du projet de réforme de la relance des ports. Le syndicat n'est pas contre la proposition du ministre Dominique Bussereau de relancer la compétitivité des ports français, « mais, selon lui, il n'est nul besoin de privatiser le personnel ». Et de penser, également, que des commerces annexes comme le sucre ou la fonte, pour les régions d'Ancenis et de Châteaubriant pour cette dernière, ne pourraient pas vivre longtemps face à ce projet de rentabilité.
En colère devant le cabinet d'avocats de Michel Quimbert
Le mouvement national a été bien suivi entre Nantes et Saint-Nazaire. Le port autonome enregistrait 60% de grévistes. Le trafic portuaire a été fortement perturbé toute la journée. Une centaine de dockers ont empêché l'accès aux bureaux à Montoir-de-Bretagne avant de venir en cortège à Nantes.
Face au siège du port autonome, aux Salorges à Nantes, tous les grévistes se sont retrouvés en fin de matinée. Certains ont décidé d'aller crier haut et fort leur hostilité au président du port Nantes-Saint-Nazaire, Michel Quimbert, devant son cabinet d'avocats, rue Lamoricière. Lancements d'oeufs sur la façade, fumigènes et pétards ont poussé la direction du port a condamné ces agissements, « d'autant plus répréhensibles qu'ils ont été effectués sur une propriété privée. »
Yves Tual, parti le matin pour Paris pour continuer à négocier, n'a pas assisté à la réunion. Comme l'ensemble de la CGT. Le ministère avait convoqué les autres syndicats alors que depuis le projet de relance des ports, la CGT est seule dans ces discussions. « Nous avons boycotté la réunion. »
E. B.
Ouest-France