Les dossiers chauds de Marie-Françoise Clergeau
Après avoir bu la coupe jusqu'à la lie l'an passé avec la descente du FCN, Marie-Françoise Clergeau savoure le parcours des clubs nantais (et nanto-rezéen) sur la voie de l'élite. : Photo Arnaud Jaffré
L'adjointe aux sports de la Ville de Nantes doit gérer l'accession au plus haut niveau du HBCN, du NRB et du FCN.
Avec les montées en élite du HBCN, du Nantes-Rezé Basket et du FCN, les dossiers s'accumulent sur le bureau de Marie-Françoise Clergeau, l'adjointe au maire de Nantes en charge des sports.
Trois clubs nantais dans l'élite, c'est du jamais vu...
« Effectivement. Et il y a de quoi être heureux. C'est le résultat du travail des clubs et des dirigeants qui ont su monter des projets. Mais c'est aussi la conséquence d'une volonté politique, comme la mise en place en 2003 du plan hand. Le but était d'augmenter le nombre de licenciés, de travailler sur la formation mais aussi d'arriver au plus haut niveau. On peut voir que quelques années plus tard, les objectifs ont été atteints.
« Parallèlement, on a redéfini notre politique sportive en donnant la priorité au sport pour tous, permettant à chaque Nantais de pratiquer le sport de son choix, en loisir ou en compétition. La question était aussi de savoir comment atteindre l'élite, vitrine du sport à Nantes. »
Quelle a été la réponse ?
« En 2004, on a créé le groupe performance dans lequel on a placé toutes les équipes jouant au niveau national, et à coté le groupe élite dans lequel se sont retrouvés quelques clubs et individuels dont l'objectif était d'accéder au plus haut niveau : l'Hermine, le Nantes-Rezé Basket et le HBCN. Il y avait aussi la voile, l'aviron, et la gymnastique avec la Nantaise. L'idée était d'arrêter de faire du saupoudrage des subventions.
« En même temps, s'est mis en place un suivi des clubs pour les aider à ne pas aller au-delà de leur budget. On peut se rendre compte que ça a porté ses fruits. »
« Le H, un vrai projet sportif »
Comment allez-vous gérer les besoins supplémentaires générés par les montées ? Le HBC Nantes ?
« Une chose, d'abord : j'ai eu beaucoup d'émotion le soir de la montée, c'était l'aboutissement d'un superbe travail collectif. Le « H », c'est un club structuré, avec un vrai projet sportif. Un club formateur s'impliquant dans les quartiers et gérant scrupuleusement son budget. On voit bien derrière tout ça le sérieux du projet sportif. »
Un projet à combien d'euros ?
« Le club est parti sur les bases d'un budget moyen pour la D1 (1,6 M€ dont 1,5 million pour l'équipe 1). Un budget raisonnable qui doit permettre de se maintenir. »
Quel sera l'apport de la mairie ?
« Les arbitrages ne sont pas encore faits. Ceci étant, on va accompagner le HBCN au mieux (en 2007-2008, la Ville donnait 370 000 €).
Avez-vous prévu des aménagements à Mangin, où évolue le HBC Nantes ?
« La salle telle qu'elle est répond au cahier des charges de D1. Mais on va répondre à la demande du club de vestiaires aménagés et de travaux dans les locaux administratifs. On regarde aussi comment installer des tribunes supplémentaires. On s'est engagés là-dessus alors qu'on n'y était pas obligés. Également on va fournir au « H », ainsi qu'à l'Hermine d'ailleurs, des panneaux publicitaires défilant. »
En revanche, la situation paraît plus complexe pour le NRB...
« C'est un club nouveau, qui n'a pas la même histoire que le HBCN ou l'Hermine. Mais il doit pouvoir se développer. Certes, on a eu des rapports pas toujours simples avec le président (Thierry Frère), mais en général les relations sont bonnes car on se dit clairement les choses.
« Cela dit, il y a au NRB un super état esprit, des filles qui en veulent, un bon coach (Simon Guillou) et une équipe de dirigeants qui se structure petit à petit. Il y a tous les atouts aujourd'hui pour avoir dans l'agglomération nantaise une équipe de haut niveau en basket féminin. »
Le NRB à Dugast... et à Beaulieu
Mais on ne sait toujours pas où joueront les Nanto-Rezéennes !
« Les villes de Nantes et de Rezé sont sur la même longueur d'onde. J'ai eu Gilles Retière (maire de Rezé) ce matin au téléphone : l'idée est que le NRB continue à jouer dans la salle Dugast que Rezé aménagera de façon à en augmenter la capacité. Et que pour les plus grands matches, il vienne jouer au Palais des sports de Beaulieu. »
Le président semble avoir du mal à boucler son budget. Où en est-on ?
« Le budget qu'il nous a présenté est supérieur à ce que nous pensons raisonnable dans le cadre d'une montée en Ligue. Nous lui demandons donc de le retravailler. Compte tenu de la moyenne des clubs de Ligue, un budget d'1 M€ nous paraît raisonnable pour se maintenir.
« En tout cas, toutes les collectivités, notamment Rezé, ont la volonté de permettre au club de partir dans les meilleures conditions possibles. Le NRB en Ligue, c'est une chance qu'il faut saisir, car il faut valoriser le sport féminin. »
FCN : subvention inchangée
Et le FCN ?
« L'an dernier on n'avait pas baissé le montant des subventions malgré la descente. Cette saison, il ne bougera pas non plus (300 000 € de fonctionnement plus 220 000 € de convention d'image). En outre, on s'était engagé sur 6 M€ d'investissements pour le stade de la Beaujoire. 3,5 ont déjà été utilisés (écrans géants, infirmerie, vestiaires, réfection du bardage...). Il reste donc 2,5 M€. »
Les trois accessions déjà évoquées ne risquent-elles pas de pénaliser les autres clubs ?
« C'est hors de question. Le sport pour tous, c'est quelque chose d'important. Nantes, c'est 61 000 licenciés dans 110 disciplines et 350 clubs. On ne touche donc à rien. On doit trouver dans le budget de la Ville de l'argent complémentaire... tout en n'oubliant pas que c'est de l'argent public, celui des contribuables. On doit faire ce qu'il faut tout en étant raisonnable. »
Ne serait-il pas logique de gérer le sport de haut niveau à l'échelle de la métropole ?
« Pour l'instant, la seule commune avec laquelle on a réussi à travailler est Rezé.
Mais c'est vrai qu'il serait peut-être plus logique de gérer le sport de haut niveau au sein de Nantes Métropole, même si c'est compliqué. Cela dit, ça va petit à petit devenir une évidence. »
Le stade d'athlétisme relancé
Au niveau des infrastructures, Nantes donne parfois l'impression d'avoir du retard par rapport à d'autres grandes villes...
« Le Palais des sports et Mangin sont demandés régulièrement. Ils sont fonctionnels... même si, c'est vrai, ils commencent à dater. En fait, des travaux d'amélioration et de réhabilitation sont prévus, mais le programme n'est pas fixé : soit on réhabilite équipements tel quel, soit on leur adjoint une salle complémentaire, comme c'était prévu dans le programme initial. »
Quid des projets évoqués ces dernières années : la piscine olympique et le stade d'athlétisme couvert ?
« La piscine olympique devrait voir le jour sur l'agglomération durant ce mandat. »
Et le stade d'athlétisme ?
« C'est un équipement déclaré d'intérêt communautaire il y a quelques années mais gelé après que l'état nous a enlevé 43 M€ pour les transports. Maintenant, on travaille sur un projet qui pourrait voir le jour sur le campus universitaire susceptible de répondre aux besoins des sportifs de l'agglomération nantaise et de l'université. Un projet certes un peu plus « soft » que celui de départ mais qui pourrait aboutir rapidement. »
Et en ce qui concerne une deuxième patinoire ?
« Peut-être y aura-t-il une surprise un jour ! »
Propos recueillis par Denis Bourdeau et Jérôme Le Garrec
Presse-Océan