Les élus de droite : « nous ne sommes pas les plus à plaindre »
De gauche à droite et de haut en bas : Monique Papon, Sophie Jozan, Gisèle Gautier et Serge Poignant.
À moins d'un revirement, l'armée va quitter Nantes. L'état-major de Force 2 et de la 9e brigade légère de marine, ainsi que le 22e bataillon d'infanterie de marine, déménageront à Poitiers et à Marseille. Jean-Marc Ayrault, le député-maire socialiste, s'en est ému lors du défilé du 14 juillet. Il a aussi pointé « l'absence » des élus de droite sur ce dossier. « Il ne nous a pas demandé de le soutenir », réplique le député UMP Serge Poignant. « Je l'ai appelé pour faire quelque chose ensemble, il ne m'a pas répondu », assure le sénateur Trillard.
Pointés pour leur discrétion, les élus de droite regrettent d'avoir été prévenus « après Jean-Marc Ayrault » de la menace qui pesait sur Nantes. Monique Papon parle de « maladresse » du cabinet du ministre. « On aurait aimé être prévenus plus tôt », affirme aussi le député. « Dès que nous avons découvert ce qui se passait, nous avons pris rendez-vous avec le ministre de la Défense pour défendre Nantes, il nous a reçus sous huitaine », rappelle le sénateur UMP André Trillard.
Problème : c'était pour s'entendre dire que la décision était prise. « Hervé Morin a été très clair. Il nous a fait comprendre qu'il n'y avait plus rien à faire, et que certaines décisions n'étaient même pas de son fait... », soupire la sénatrice UMP Gisèle Gautier, pas très contente. En clair, « il n'y a eu ni négociation, ni concertation ».
Embarras des parlementaires de droite. Car le gouvernement ne s'est pas embarrassé de leur avis. Et s'ils regrettent le départ des militaires, les élus UMP approuvent aussi la réforme des armées. Alors, comment assumer ses conséquences locales ?
« Nous ne sommes pas les plus à plaindre », argumentent Gisèle Gautier et Monique Papon tandis que Sophie Jozan, chef de file de l'opposition UMP à Nantes, s'affirme totalement d'accord avec la décision d'Hervé Morin. « Je n'en minore pas l'impact, mais Nantes n'est pas une petite ville avec l'armée pour seule ressource. L'économie nantaise ne sortira pas laminée. Les élus ne doivent pas pleurnicher comme le fait avec démagogie Jean-Marc Ayrault, mais défendre l'intérêt général. »
À l'instar de Monique Papon, les élus de droite préfèrent mettre l'accent sur les compensations qu'ils espèrent. « Jean-Marc Ayrault oublie de dire qu'il va récupérer des terrains », poursuit Sophie Jozan. Mais pour quoi faire ? « Du logement social », répond Gisèle Gautier. « Des logements pour les étudiants », précise Monique Papon. C'est l'option qui a été défendue auprès d'Hervé Morin.
M. L. D.
Ouest-France