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Le palais de justice et ses abords

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Édition du jeudi 10 mars 2005

Les immeubles poussent près de la Loire

130 000 m2 de locaux sont dans les tuyaux. « Le travail que nous avons entamé depuis trois ans commence à se voir » : Nicolas Binet, chargé de l'immobilier au sein de la Samoa, l'opérateur de Nantes-Métropole, ne boude pas son plaisir. Le projet Île de Nantes prend forme.

« L'Île de Nantes est un marché porteur. » Les signaux forts émis depuis dix ans par la puissance publique, suscitent un effet d'entraînement. Entreprises, promoteurs et populations veulent s'y installer. « Notre préoccupation est de diversifier l'offre », fait remarquer Nicolas Binet. La communauté urbaine souhaite mixer les populations et les opérations : là de l'accession ou du locatif classique, ailleurs du logement social ou spécialisé (étudiants, jeunes travailleurs). « Nous retenons les promoteurs orientés vers le grand logement et l'offre familiale destinée à des propriétaires occupants », insiste la Samoa. Cela, pour que l'Île soit habitée : « En 1999, rappelle Nicolas Binet, il n'y avait personne à l'ouest du boulevard Louis-Blanc. »

La première tranche de l'opération « Habiter les quais » démarre en avril, quai Mitterrand. Il s'agira, dans un premier temps, de bâtir 116 logements, dont 28 % à caractère social. En 2005, sera reconstruit le Foyer des jeunes travailleurs de Port-Beaulieu et lancé le chantier de l'École d'architecture. Seront érigés aussi les logements de Nantes-Habitat rue d'Orgères et la résidence étudiante (dans les anciens locaux Calberson).

En même temps, les Mutuelles de Loire-Atlantique, qui ont acquis la totalité du bâtiment du quai Mitterrand (en contrebas du pont Anne-de-Bretagne), « réfléchissent à un projet » d'aménagement de la façade. Les travaux, confirme leur directeur général, pourraient être lancés à l'été 2006. Nantes-Métropole ne cache pas sa volonté d'animer les quais. Dès lors, le rez-de-chaussée et l'esplanade du bâtiment mutualiste pourraient se transformer en terrasse de café, de restaurant.

Ces projets favorisent les mutations d'activités. La Sonac, comme il y a quelque temps Gontran ou Calberson, quitte les lieux. À sa place, naîtra le projet immobilier « Habiter les quais II ». D'autres activités sont toutefois pérennisées : Alstom maintient en place son atelier de mécanique lourde. Même décision de l'entreprise du BTP André, rue Lanoue-Bras-de-Fer.

Certaines halles d'Alstom, propriété de Nantes-Métropole, seront démolies dans les prochains mois : « Mais nous conserverons les grandes halles. » Dans celles-ci, accessibles à partir de la rue de la Tour-d'Auvergne, plusieurs entreprises, liées aux secteurs de la santé, des biotechnologies, des médias et des télécommunications, ont niché temporairement ou durablement. « Nous réfléchissons à l'avenir de ce site à trois ans », explique la Samoa.

Derrière le Palais de justice, le gros cube ayant un temps abrité le centre d'essai des pompes d'Alstom, sera reconverti en Maison de l'Avocat. Le long du boulevard Victor-Hugo, au nord du Marché d'intérêt national (Min), l'hôpital développera ses activités. Le CHU, qui ne quitte pas le site de l'Hôtel-Dieu, prendra pied sur l'Île en dix ans, sur un terrain de 5 ha. La première tranche de travaux, qui vise à créer 100 000 m2 de locaux, débutera en 2007.

« Notre objectif est la multiactivité », conclut Nicolat Binet. La Samoa, qui travaille avec l'équipe d'architectes-urbanistes d'Alexandre Chemetoff, veut créer une voirie de qualité, des places publiques et revaloriser l'environnement : « Surtout les quais et les berges. » Elle veut faire en sorte que « les pieds d'immeubles soient vivants et confortent le commerce ». En d'autres termes, elle souhaite redonner vie à ce qui, il y a peu encore, n'était que friches.

Gaspard NORRITO.

Ouest-France

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