Édition du mardi 27 février 2007
Les lacunes du musée de l'histoire de la ville
André Augier, conseiller municipal d'opposition, critique certains choix concernant le tout nouveau musée du château des ducs de Bretagne.
Conseiller municipal d'opposition, André Augier salue la réouverture du château et notamment le musée de l'histoire de la ville qui y a été installé : accessibilité à tous les publics, muséographie contemporaine épurée et utilisation judicieuse des installations multimédia. Mais, après plusieurs visites, il y voit aussi « certaines lacunes » ou des « choix muséographiques critiquables ».D'abord, le musée de l'histoire de la ville, installé dans le grand logis des ducs de Bretagne, « passe pratiquement sous silence la plus grande partie de l'histoire bretonne de Nantes. L'exception notable du reliquaire, prêté par le musée Dobrée jusqu'à la fin septembre, et le film sur l'histoire mouvementée d'Anne de Bretagne, ne suffisent pas pour expliquer aux visiteurs le passé médiéval de Nantes et de son château. Qui étaient ces ducs de Bretagne ? Quelle a été leur relation avec la ville ? Le musée nous laisse dans le flou le plus total, sur ces questions. »Ensuite, l'évocation de Nantes au XVIIIe siècle laisse « perplexe, car si le commerce des esclaves est traité avec beaucoup de dignité, on est obligé de constater que les victimes de la terreur n'ont pas droit à autant d'égards. Ce triste épisode est résumé sous le titre : «la légende noire» [...] Le musée de l'histoire de la ville n'a même pas jugé bon de mentionner l'existence de l'entrepôt des cafés, notre Srebrenica local. »Selon lui, la médiatrice du musée est d'ailleurs interpellée régulièrement par des visiteurs choqués par une présentation aussi légère et minimaliste. Certains auraient souhaité exprimer leurs observations par écrit, mais aucun cahier réservé à cet effet ne serait à la disposition du public.« La dernière salle, dédiée à la création artistique contemporaine, rétablit à elle toute seule une partie des déséquilibres constatés plus haut. La preuve en est donnée par cette carte animée de la Bretagne qui apparaît pour la première fois dans ce parcours nantais. Heureusement, Pierrick Sorin a su, avec beaucoup d'humour, conjuguer l'histoire de Nantes avec son présent et lui, au moins, n'a pas la mémoire sélective », conclut le conseiller.
Ouest-France