8 300 personnes ! Le Zénith complet pour accueillir Mark Knopfler. On avait quitté le Britannique, à l'époque leader de Dire Straits, au sommet de la popularité rock : son Money for nothing au riff saturé, diffusé en boucle sur MTV. On le retrouve vieux cow-boy (59 ans) aux cheveux gris et clairsemés.
Explorant les racines de la musique américaine : folk et country. En chef de bande de rednecks, qui dégainent accordéons ou violons avec plus ou moins d'à propos. Telle cette curieuse « Postcard from Paraguay » (carte postale du Paraguay), la flûte sonnant façon péruvienne.
Mais le toucher de guitare de Knopfler est intact. Limpide et cristallin. La Strato rouge résonne de mille feux. Et l'énergie ressurgit. Formation resserrée comme au bon vieux temps sur « Sultans of swing » : deux guitares-basse-batterie. Et ces soli solaires, cauchemars des gratteux amateurs.
Le décor s'orne d'une guitare ronde et géante. Frisson. Les premières notes de Telegraph road. Titre épique de plus de dix minutes, racontant l'histoire d'une ville américaine. De sa fondation aux autoroutes à six voies.
« Mais il va le jouer Money for nothing ? », espère un fan des années 80. Eh bien, non. Mais c'est pas grave. Éternelle voix de gorge, râpée. Et c'est l'intense ballade « Brothers in arms ». L'orgue dialogue avec la Gibson qui pleure. Le Zénith debout.