Édition du mercredi 27 février 2008
N'Dy Assembé, le gardien élégant
Pour son baptême du feu chez les pros, le gardien nantais a rendu une copie propre à Sedan. Sa prestation n'a surpris personne à la Jonelière.
Il aurait pu conserver son premier vrai maillot professionnel comme une relique. Guy-Rolland l'a offert à son frère. Comme si son match abouti à Dugauguez, où Nantes s'est imposé 2-1, matérialisait à lui seul une promesse : celle de vivre d'autres soirées sous les feux de la rampe. Si possible sous les couleurs jaunes et vertes. « Je suis Nantais et c'était un honneur pour moi de porter ce maillot. » Son « professeur particulier », Franck Chaumin lui a laissé un petit message juste après la sieste et l'a félicité après le match. L'entraîneur des gardiens ne rechigne pas à évoquer la prestation de l'un de ses protégés. Mais, immanquablement, son analyse s'accompagne d'une expertise collégiale, Vincent Briant et Tony Heurtebis étant associés à sa réflexion : « La bonne prestation de « Guy-Ro », c'est la preuve qu'on a des gardiens performants à la maison. »
« En Ligue 2, ça va plus vite »
Le technicien nantais concède tout de même avoir sous sa responsabilité un gardien « au fort potentiel. Encore faut-il qu'il l'exprime. En CFA, il a alterné le bon et le moins bon. Mais il sait ce qu'il veut, il comprend ses erreurs. C'est un bosseur, consciencieux, respectueux, un exemple pour la formation. » La formation, le principal intéressé y a rendu hommage lundi soir à Sedan, affirmant avoir été « bien échauffé » par Erwin Zelazny, occasionnel numéro deux. De sa production ardennaise, Guy-Rolland N'Dy Assembé retient sa capacité à faire « un très bon match. Maintenant, j'espère en faire d'autres. En Ligue 2, ça va plus vite, c'est plus fluide, plus précis qu'en CFA. »
Un petit faible pour Lama
Nulle trace d'arrogance voire de suffisance dans ses propos. Le minot de l'ASPTT Nantes demeure bien évidemment perfectible « notamment dans ma prise de décision ». Cette lacune n'a pas semblé flagrante lundi soir. Le numéro 16 a dégagé une certaine autorité dans sa surface de réparation. « Il a dégagé une vraie sérénité et nous a vraiment rassurés sur les coups de pied arrêtés » reconnaît David de Freitas. « On lui a donné sa chance, il l'a saisie. Il est intervenu comme il sait le faire » corrobore Frédéric Da Rocha, téléspectateur pour l'occasion. Michel Der Zakarian n'est pas non plus tombé de son banc de touche en suivant la performance de son gardien. « Je suis content pour lui. Je ne doutais pas. J'étais très confiant. Je le vois à l'entraînement depuis deux ans. C'est un garçon sérieux. » Serein aussi, qui prépare ses matches en écoutant du R'N'B, du rap américain ou du zouk.
« Il a du potentiel et il l'a démontré »
Loïc Guillon se réjouit d'avoir « trois gardiens de qualité dans l'effectif. À Sedan, Guy-Rolland nous a bien parlé. C'est lui qui s'impose dans les airs et dégage aux poings sur notre deuxième but. Il a fait un très bon match. » L'expérimenté Yoann Poulard y est allé de ses conseils dans les entrailles de Dugauguez. « Je lui ai juste dit de nous guider, car on ne voit pas tous les déplacements, alors que lui a une vision stratégique. Je n'étais pas trop inquiet. C'est un très bon gardien. Il a du potentiel et il l'a tout de suite démontré. » Adolescent, Guy-Rolland avait un faible pour le jeu félin de Bernard Lama. Aujourd'hui, il observe plus particulièrement les matches de Coupet, Lloris, Mandanda et Landreau. En espérant suivre la même trajectoire.
Loïc FOLLIOT.
Ouest-France