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La marche silencieuse démarre. Luc Douillard, le père de Pierre, cite quelques vers du poème de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. » : Photo Nathalie BourreauIl est 10 h 30, la marche silencieuse descend de la place Bretagne vers le cours des 50-Otages. Ils sont 400 au départ, 500 plus tard. Le cortège contourne la préfecture, se faufile rue de Strasbourg, longe l'Hôtel-Dieu et s'arrête place du Commerce. Foule aux cheveux gris, blancs, de quadras et de quinquas derrière des lycéens de Guist'hau, en première ligne, « choqués par ce qui s'est passé au rectorat mardi ».
Jean, 57 ans, professeur, dit doucement : « J'ai l'impression de revenir à ce que nous avons connu en 1968 et après. Il est anormal d'employer la force contre les étudiants qui contestent une loi plus que douteuse ». Devant, derrière, sur les côtés, des policiers à moto encadrent le cortège.
Pierre a quitté l'hôpital
La mobilisation contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités n'est pas absente. Hervé Lenourec, professeur à l'université (Snesup), espère que la mobilisation va s'amplifier : « Avec cette loi, chaque labo, chaque université va aller pleurer misère pour recueillir des fonds auprès du privé et des collectivités. Ils vont passer un temps fou à récupérer des fonds que l'État aurait pu donner directement », dit-il.
Hier, Pierre, le lycéen blessé mardi devant le rectorat, a quitté l'hôpital. Mais il a plusieurs semaines d'arrêt. « Son oeil est très gravement traumatisé sous la violence du choc », dit son père, Luc Douillard. « Il souffre d'une cataracte. Les médecins ont des craintes pour les années à venir ».
Frédéric Testu