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Édition du vendredi 10 décembre 2004

Nantes 7 parie sur l'innovation

C'était la Nantes ouvrière. Celle des chantiers navals et des roquios. Des petits noirs avalés au coin du zinc et des musettes jetées sur les épaules. Dans l'ancien hangar d'Alstom, on circule aujourd'hui avec des caméras.

Et s'il y a toujours le même souci de la précision, c'est pour usiner des images, celles de Nantes 7. C'est là dans ce hall immense que l'une des deux nouvelles télévisions locales de Nantes a jeté l'ancre. Soutenue par un pool d'investisseurs dans lesquels on retrouve Presse Océan (49%) aux côtés de Synergie, le Télégramme de Brest, les Mutuelles de Loire-Atlantique, les Caisses d'Epargne ainsi qu'un pool d'une quarantaine de sociétés nantaises. Un vrai pari.

Dotée d'un budget annuel de 2,7 millions d'euros, Nantes 7 sait qu'il faudra attendre plusieurs années avant d'espérer dégager un résultat positif. « Pas avant quatre ou cinq ans », reconnaît Frédéric Hertz. Le temps de convaincre les investisseurs publicitaires. Une opération confiée à Inter-Régie.

La télévision locale existe déjà. Mais pas sous cette forme à Nantes. Les responsables de Nantes 7 parient sur l'information de proximité avec un journal quotidien de 26 minutes sept jours sur sept. L'équipe, 35 salariés et beaucoup de jeunes journalistes, se veut « réactive ». Affranchie des barrières de métiers héritée de l'histoire de la télévision. « Nous sommes les seuls en France à fonctionner sans cassette. Chaque journaliste écrit son sujet, le tourne et le monte. On peut faire du fond si on s'organise bien. »

Bertrand Rault, le rédacteur en chef de Nantes 7 ne veut pourtant pas se lancer dans une course effrénée. « Il ne s'agit pas de faire trois sujets par jour. Nous avons une équipe soudée. C'est notre chance. » Sentir battre le coeur de la métropole, c'est leur métier. Avec la volonté d'apporter des clés : débats, magazines sur l'estuaire en lien avec le port de Nantes Saint-Nazaire. Ainsi qu'une place privilégiée réservée au Football-club de Nantes. Les Canaris bénéficieront d'un magazine quotidien de 13 minutes du lundi au vendredi. Le FC Nantes a investi 600 000 € dans l'opération.

Ouest-France

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