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Thierry Frère peut savourer sa joie et lever le pouce : sa passion et son engagement personnel ont été enfin récompensés. Reste à valider le travail cette semaine... : Photo Laurent BattarelQui tend les bras seulement. Car c'est aujourd'hui... et avant ce jeudi 15 mai, date de l'envoi du budget prévisionnel à la FFBB (Fédération française de basket-ball), pour validation par la commission de contrôle de gestion, que se joue l'avenir du club nanto-rezéen. Avec d'ici là des incertitudes à lever, tant au niveau du montage financier que de la désignation de la salle idoine.
État des lieux.
DES STATUTS À HONORER
Le cahier des charges exigé à ce niveau par la LFB (Ligue féminine de basket-ball), commission créée il y a dix ans par la FFBB pour assurer le développement du haut niveau féminin, est draconien. Mais pas insurmontable.
Aux équipes 1 et 2 (laquelle évolue en R3F), mais aussi Minimes France et Région existantes, devront s'ajouter un centre de formation (s'appuyant sur le lycée Jean-Perrin de Rezé et nécessitant l'embauche d'un entraîneur BE2), une équipe espoir en N3F (sans limite de mutées, mais devant monter dès 2009 en N2F) et une équipe cadettes France.
Autant d'obligations qui « conviennent très bien » à Thierry Frère, lequel n'oublie pas les départs vers d'autres sphères plus élevées de jeunes joueuses formées au club « comme Camille Aubert ». « Cela nous a souvent empêchés de progresser », retient le président, qui ajoute : « Maintenant, on va pouvoir capitaliser ».
DES STRUCTURES À ÉTOFFER
Le « on » n'est sans doute pas innocent. Car Thierry Frère, sans être un homme seul, va devoir étoffer son aréopage, au-delà de sa « garde rapprochée » constituée de Simon Guillou, bien sûr, mais aussi Philippe Puzenat et Olivier Chenedé, tous trois vice-présidents.
Association sportive régie par la loi 1 901 et comptant un seul salarié administratif à temps plein, le NRB 44 devrait bientôt en compter trois de plus, « un manager général, un agent de développement et un comptable », mais aussi « cinq salariés en encadrement ».
« Ajoutez 8 à 10 joueuses professionnelles, cela fait une petite PME de 16-18 personnes », décompte le président, tout disposé par ailleurs à accueillir dans son équipe dirigeante « des gens qui partagent nos valeurs tout en ayant une vision entrepreneuriale ».
UNE SALLE... À TROUVER
Accueillir, mais où ? Là se pose l'un des problèmes les plus aigus de la montée, lié directement à la fermeté de la municipalité de Rezé sur les « prix ». Ou plutôt sa philosophie du sport.
En résumé, cela tient en deux points : pas un sou de plus pour le haut niveau ; pas question d'aménager le gymnase Arthur-Dugast (600 places assises) pour un sport en particulier. Et quand on sait que la LFB en préconise un minimum de 1 000...
Prévenu de longue date, Thierry Frère relève néanmoins le paradoxe : « On a joué Bourges en Coupe de France devant 2 800 personnes, on joue Charleville à Dugast devant 1 200, notre moyenne des cinq-six derniers matches avoisine les 800 spectateurs... et là on serait la plus grande ville de France en Ligue féminine avec la plus petite salle ! ».
Loin de se démonter (et tout en restant lui-même fidèle à ses principes, notamment d'accessibilité au plus grand nombre, « avec des tarifs d'entrée inférieurs à 5 € »), le président n'écarte pas l'éventualité de déménager... là où l'on voudra bien l'accueillir dans l'agglomération.
Quatre enceintes répondant actuellement ou potentiellement aux critères édictés : le Palais des sports de Beaulieu (où évolue l'Hermine en Pro B) et Mangin-Beaulieu (théâtre des exploits du HBCN) à Nantes, la salle du Vigneau à Saint-Herblain (utilisée en 95-96 pour feue l'UFSH, alors en N2) mais aussi la Neustrie à Bouguenais (fief des handballeurs de la CJB en N2M), près du Pianocktail, seul complexe restant dans le Sud-Loire.
« Le changement d'appellation serait alors incontournable, tance Thierry Frère, car je ne vois pas pourquoi on continuerait à s'appeler Rezé si on joue ailleurs ! »
UN BUDGET QUADRUPLÉ
Autre noeud gordien : le budget. Le nerf de la guerre. Le budget prévisionnel est monté, ficelé, prêt à partir jeudi au siège de la FFBB. Reste à obtenir les confirmations des partenaires publics, essentiellement.
Ce qui n'est pas une mince affaire dans la mesure où les sommes sont globalement multipliées par quatre (de 340 000 € cette saison à 1 265 000 la prochaine) et même par... presque cinq pour la contribution demandée aux collectivités territoriales (de 200 000 € à 900 000). Sans compter une augmentation de 40 % du sponsoring privé (à 125 000 €) à thésauriser par la suite.
UN EFFECTIF À COMPLÉTER
« Avec Simon (Guillou), notre philosophie reste la meme : une équipe n'est pas une somme d'individualités, mais un groupe, où les valeurs humaines sont aussi importantes que les qualités basket. »
Fort de ce credo, Thierry Frère entend conserver « au moins six filles qui formeront le noyau dur » (coïncidence : six sont toujours sous contrat : Vicente, Cardin, Ronot, Andreyeva, Brossais et Cieslak) et recruter « cinq à six joueuses de bon niveau », (dont une raquette « à blinder »), plus deux jeunes qui formeront « un groupe de quatorze ».
« Avec ça, on a de quoi faire une vraie belle équipe capable de se maintenir, en même temps qu'une structure de club de qualité capable d'aller plus loin », estime le président, dont l'objectif avoué est de « s'inscrire dans la durée, avec un gros effort sur la formation, pour figurer dans les trois à quatre ans parmi les cinq ou six meilleures équipes de la Ligue féminine ».
Tout un programme !