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Serge Mabon a entamé une grève de la faim. Il estime trop élevés les droits de place pour l'organisation des deux grandes brocantes en plein air, place Viarme à Nantes. Depuis 10 h, hier matin, Serge Mabon, gérant de la Société nantaise Viarme expositions, a entamé une grève de la faim. Voilà 25 ans qu'il organise, le premier week-end de mai et le premier week-end d'octobre, deux grandes foires à la brocante qui drainent des chineurs de tout le grand Ouest.
+ 525 % d'augmentation
Accessoirement, Serge Mabon organise également, sur la même place Viarme, deux fêtes des vins et des produits du terroir qui connaissent également un grand succès auprès des gourmets. Tout irait donc bien dans le meilleur des mondes si ce n'étaient les nouveaux tarifs des droits de places appliqués par la Ville de Nantes depuis deux ans.
« Jusqu'en 2005, nous étions facturés 4 800 € par an pour les quatre manifestations, raconte Serge Mabon. En 2006, première surprise désagréable : nous avons dû payer 15 600 € pour l'année. Puis 39 000 € pour 2007... Apparemment, la ville nous applique un nouveau mode de calcul des surfaces commercialisées. Nous contestons ces tarifs prohibitifs (+ 525 %) ».
Une augmentation qui propulse la SNVE dans le rouge. « Nous envisageons le dépôt de bilan de notre société qui emploie une personne et la suppression des quatre manifestations organisées place Viarme », poursuit Serge Mabon. Qui a adressé à Jean-Marc Ayrault un courrier en ce sens. « Voilà plusieurs mois que nous tentons de régler ce problème à l'amiable avec les services municipaux de Nantes. Sans succès. Nous nous sommes donc adressés au maire. »
Qui a raison ? Qui a tort ? Toujours est-il qu'à quatre jours du premier tour des élections municipales, l'initiative de Serge Mabon n'est sans doute pas le fruit du hasard. En tout cas, la mairie de Nantes ne reste pas insensible à la démarche. Des contacts ont été pris hier avec le gréviste de la faim. Et « une démarche de conciliation » est sérieusement à l'étude. Cela urge : une foire aux vins est prévue dans dix jours.
Joël BIGORGNE.