Nantes : la femme du concierge reste en prison
Elle est mise en examen pour complicité de tentative d'assassinat sur son mari. Elle avait payé deux « tueurs » qui, fort heureusement, ont échoué.
« J'aime mon mari plus que tout. Cela fait 26 ans que nous sommes ensemble. Je voulais lui faire peur, mais pas le faire tuer. » C'est en ces termes que Sylvie Minoia a demandé sa remise en liberté, hier, devant la chambre de l'instruction de Rennes. Sans surprise, les magistrats de la cour d'appel ont rejeté cette demande.
Boulevard des Anglais à Nantes, le 20 mars dernier, cette femme de 43 ans avait tenté de faire tuer son mari du même âge. Tous les deux occupaient la fonction de concierge. Sylvie Minoia avait recruté deux hommes rencontrés place du Commerce, à qui elle avait promis 30000€!
Ce 20 mars, Sylvie Minoia avait demandé à son mari Pascal de descendre à la cave, afin de réparer un éclairage défectueux. Pascal Buonomano et Eric Lapouge attendaient leur victime dans l'obscurité. Le premier avait porté des coups de couteau, le second des coups de poing et de pied. Mais, « surpris par la résistance de leur victime », les deux marginaux avaient pris la fuite. Rampant ensanglanté jusqu'à sa loge, le concierge avait pu demander à son épouse de prévenir les pompiers...
En garde à vue, Sylvie Minoia avait craqué et indiqué l'existence des deux hommes. Il avait suffi aux policiers d'observer les bandes vidéo du tramway, puis celles d'un bistrot du quartier du Commerce, pour identifier et interpeller Eric Lapouge et Pascal Buonomano.
Mais l'enquête laissait vite apparaître que l'épouse n'en serait pas à son coup d'essai. Deux voisins ont témoigné: « Elle nous a parlé de faire tuer son mari pour percevoir le montant de ses assurances-vie. » Autre épisode, début 2007. Sylvie Minoia est soupçonnée d'avoir recruté un premier «tueur», à qui elle avait proposé 2500€. L'homme a empoché l'argent, mais il n'a jamais exécuté le «contrat»...
Tabassage à Boulogne-sur-Mer
Enfin, lorsque le couple habitait Boulogne-sur-Mer, en 2002 ou 2003 selon les souvenirs de du mari, il avait déjà subi un tabassage dans la rue, de la part d'un inconnu. Le juge d'instruction nantais a retrouvé cet inconnu, un certain «Toni». Qui a affirmé que c'était Mme Minoia qui lui avait commandité ce tabassage, pour 200€...
Devant une telle accumulation, l'avocat général Pierre Avignon a requis et obtenu hier le maintien en prison de Sylvie Minoia. Malgré son avocat Me Antoine Barrière, qui a lu une lettre du mari: « Il pardonne à sa femme et il l'aime toujours. » Le président de la chambre, lui, a lu le rapport d'un expert psychiatre, qui relève chez la concierge « une immaturité, une froideur émotionnelle et une absence de culpabilité ».
Michel TANNEAU.
Ouest-France