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Les proches de Toko Botawamungu se sont recueillis, hier, à l'endroit où il a été tué. Ils se réunissaient hier soir pour organiser une marche silencieuse en sa mémoire ce week-end. : Marc RogerNANTES. - Le meurtrier présumé s'est livré aux policiers de Nantes, hier à 15 h, poussé par les remords ou incapable d'organiser une cavale de gangster. Identifié dès jeudi soir, cet homme de 27 ans était activement recherché par la police. Son signalement avait été diffusé dans la France entière. « C'est un gars de Nantes qui sortait de prison, raconte une source proche de l'enquête. Il a déjà eu des ennuis pour des stupéfiants, mais ce n'est pas vraiment ce que l'on appelle une pointure. »
Pas d'amalgame
Cet homme est soupçonné d'avoir commis, avec un complice toujours en fuite, « une véritable exécution », selon les mots d'un policier. Jeudi soir, vers 20 h 30, avant le coucher du soleil, Toko Botowamungu, 21 ans, a été froidement tué de cinq balles tirées par plusieurs armes dans la cité populaire des Dervallières, à Nantes.
Un peu plus tôt, une échauffourée avait éclaté devant la mairie annexe. Un premier coup de feu avait retenti. La jeune victime avait tenté de prendre la fuite au volant de sa Golf, poursuivie par ses deux agresseurs qui avaient pris place dans une Peugeot 406. « On a pensé qu'ils jouaient », soupire un témoin rompu aux éclats dans la cité.
Ce quartier en pleine fureur, jeudi soir, a finalement évité l'embrasement. Après les coups de feu, une centaine de personnes s'étaient rassemblées pour crier leur colère. Certains envisageaient de faire justice eux-mêmes. Et des tensions apparaissaient entre les communautés noire et maghrébine.
Mais des mots d'apaisement ont circulé. Comme ceux d'un oncle de la victime, prononcés dans la nuit sur les lieux de la fusillade : « On a perdu un fils, il faut laisser la police travailler. On est là pour calmer les choses. Il n'y a pas de problème entre communautés. »
Armement conséquent
Hier, Kalomé Botowamungu, le père de Toko, affichait la même dignité. « Les jeunes réagissent souvent avec ce discours-là, communautaire. Ce qui s'est passé affole les gens, renforce les clichés... Faut éviter les amalgames. »
D'autant que les enquêteurs de la police judiciaire n'ont pas encore éclairci le mobile du meurtre. « Un truc ne colle pas dans le tableau, raconte une source proche de l'enquête. C'est un crime commis avec un armement conséquent et sophistiqué. Plusieurs calibres ont été utilisés. Et pourtant, celui qui a tiré a fait preuve d'un amateurisme incroyable, agissant avec sa propre voiture, à visage découvert, en plein jour... Ça ressemble à un terrible coup de sang. »
Toko Botowamungu était connu aux Dervallières et dans les cités voisines. Son père est, notamment, délégué du procureur en charge de la lutte contre les discriminations. Adolescent, son fils s'était entraîné avec le FC Nantes avant de rejoindre le club de Rezé, avec qui il jouait dimanche dernier en division d'honneur. Il venait de trouver un boulot de manutentionnaire en intérim et d'obtenir son permis. Et allait reprendre des études.
Marylise COURAUD
et Thomas HENG.