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Jean-Paul Galmiche, professeur de gastro-entérologie au CHU de Nantes. Les maladies de l'appareil digestif sont l'une des spécialités de la recherche nantaise. : Franck Dubray.Que cherche-t-on à Nantes ? On compte quatre secteurs de pointe. La cancérologie, sous l'égide du professeur Harousseau. Les maladies cardio-vasculaires, sous la direction du professeur Le Marec. La transplantation d'organes, sous l'égide du professeur Soullilou. Les maladies de l'appareil digestif, avec le professeur Galmiche. Un autre secteur est en train d'émerger à Nantes : l'ostéo-articulaire, sous la direction du Dr Weiss. Cette recherche concerne les os et les dents.
Combien de chercheurs ? Ils étaient 70 en 1990. Aujourd'hui, ils sont entre 600 et 700 chercheurs nantais. Plus 300 médecins qui touchent de près ou de loin à la recherche. Chaque année, 500 publications scientifiques sont publiées par les chercheurs. Cette production écrite est un critère capital pour évaluer la recherche d'un CHU. « C'est ce niveau-là qui nous a permis d'entrer dans le club des 10 premiers CHU français. Selon les années, nous varions entre la 6e et la 10e position », précise Thierry Biais, directeur en charge de la recherche au CHU. L'établissement travaille avec l'Inserm et l'université de Nantes. La fac de médecine compte quant à elle 97 professeurs.
Qui sont les chercheurs nantais ? Ils viennent, de plus en plus, de toute l'Europe. « Pour le pancréas, nous avons accueilli, pendant un an, un chirurgien digestif de Pise. Maintenant, on est dans l'Europe de la recherche. » En transplantation, on trouve également à Nantes des chercheurs de dimension internationale. Pour attirer les meilleurs, le CHU a adopté une politique de recrutement volontariste. « On est ambitieux, réactif, souple. En recherche, il faut avoir une politique d'entrepreneur. » Car tout est fragile, et la compétition, rude. « Si une équipe manque d'espace chez nous, elle peut décider de partir à Paris ou à Lyon. On a mis 20 ans à arriver à ce niveau-là. Mais ça peut mettre deux ou trois ans pour s'écrouler. »
Quel espace pour chercher ? Pour mener leurs travaux, les chercheurs nantais disposent actuellement de 16 000 m2 répartis dans les différents bâtiments du CHU. Dont, depuis mai 2007, une Maison de la recherche en santé, située à côté de la maternité. Cette Maison regroupe l'ensemble des structures qui soutiennent la recherche (recrutement, gestion...) Un institut de recherche thérapeutique de 10 000 m2 sera implanté en février 2009 à côté du nouveau Samu. En 2015, un nouveau bâtiment de 10 000 m2 dédié à la recherche sera construit sur l'île de Nantes, là où déménagera le CHU. « Cette proximité des laboratoires et des services de soin est importante pour la connexion entre chercheurs et médecins. Les uns s'inspirent des autres. Et vice-versa. »
Avec quel argent ? Le CHU accuse un lourd déficit de 33 millions d'euros... « Mais tout ne dépend pas du CHU », relève Thierry Biais. « Une grande partie des chercheurs financent leurs missions dans le cadre d'appel d'offres nationaux et européens. » À Nantes, une dotation d'État de 35 millions d'euros finance à la fois les missions de recherche, l'enseignement et les soins de recours (soins spécialisés). Cette enveloppe, renouvelée chaque année, sera dorénavant attribuée en fonction des résultats scientifiques des CHU. « Malgré notre déficit, on devrait même récupérer de l'argent grâce à nos bons résultats. Plus 1,4 million d'euro dans 3 ans », se félicite Thierry Biais.
Isabelle MOREAU.