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Depuis quelque temps, une pétition circule à Saint-Jospeh-de-Porterie... Certains habitants du quartier s'inquiètent des « pétages de plomb » récurrents d'un habitant. Ils veulent que des mesures soient prises. À première vue, le quartier présente plutôt bien. Ce couple était de cet avis, quand il a dégoté ce pavillon coquet, il y a quelques années, à Saint-Joseph-de-porterie. « On était content de s'installer ici... » se souvient, nostalgique, l'actuel locataire.
Le temps a passé. « Aujourd'hui, on ferme à double tour. Le voisin rôde toujours. Il nous observe avec ses jumelles. Il nous insulte... Il s'exhibe devant les enfants ! Il dépose des lettres anonymes dans nos boîtes aux lettres et tape à coups de marteau sur nos portes... On n'est jamais tranquille. »
Ce jeudi matin, cernes à l'appui, ce couple confie avoir bien du mal à fermer l'oeil la nuit. « Et regardez », annonce cet homme à cran, « voilà où j'en suis arrivé... » D'un tiroir, il sort un couteau long comme le bras. Et il va et revient avec une autre arme blanche et brandit aussi un fusil. « J'ai peur que le voisin s'en prenne à mes enfants », explique-t-il. « Jusqu'à présent, il s'en est toujours sorti. À chaque fois qu'il est interpellé, il ressort. Il est hospitalisé en psychiatrie et on le revoit deux jours après ! Moi, je n'y comprends rien ! J'en arrive à croire que la justice ne fera jamais rien. Que lui faut-il ? Un mort ? un viol ? S'il s'approche un jour des miens, je ne réponds plus de rien... »
« Il y a un vrai problème de fond »
« Il » a 60 ans. La police connaît bien ce sexagénaire, à l'allure chétive. La justice aussi d'ailleurs. Mardi dernier, quand ils ont déboulé pour le ramener à la raison, alors qu'il avait effrayé deux adolescentes en entrant chez elles, sabre à la main, les policiers l'ont appelé par son petit nom. C'est dire. « C'est un homme qui a des problèmes psychiatriques », indique un fonctionnaire. « Il est bien connu de nos services. On sait bien qu'il embête tout le monde dans le quartier... Mais que peut-on faire ? Il y a un vrai problème de fond. Et ce n'est pas à nous de le résoudre. »
Mardi, un médecin a estimé que son état nécessitait une hospitalisation d'office. Un arrêté a été pris. Alors il n'y a pas eu de garde à vue. Il a pourtant déjà comparu devant un tribunal, pour des faits de violences notamment. En 2007, il avait été condamné à une peine de sursis, assortie d'une obligation de soins. « Mais quoi faire de ce genre de personnes ? » réfléchit tout haut un policier, « Personne n'en veut. Et puis d'ailleurs, leur place n'est peut-être ni en psychiatrie, ni en prison... »
Une pétition dans le quartier
En attendant, une pétition tourne dans le quartier. Seize riverains ont déjà signé. Une voisine veut déménager. Une famille a pris ses clics et ses claques. D'autres se cloîtrent chez eux. « Bien sûr qu'on pourrait quitter notre logement mais ce n'est pas à nous de le faire », estime le couple. « S'il faut s'organiser pour faire des gardes, on le fera », prévient-il. « C'est triste, mais on va devoir en arriver là... »
Anne-Hélène Dorison
et Yan Gauchard