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Festival Juste pour rire

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Édition du dimanche 13 avril 2008

Ondine Sacoche sème la pagaille à l'hôpital

Depuis dix-sept ans, les clowns du Rire médecin mettent le bazard dans les chambres des petits malades. Le nez rouge de Dominique Vissuzaine sévit au CHU de Nantes, où le festival fait escale pour un spectacle. Témoignage.

« Ondine Sacoche a une robe à fleur, un sac à main. Elle est très élégante... mais assez idiote. Volontaire mais maladroite, elle ne renonce jamais. Il y a six ans, quand elle est arrivée au CHU, elle était timide. Aujourd'hui, elle est chez elle, elle est très complice avec le personnel soignant. Quand elle entre dans une chambre, ça peut finir en délire total : on défait les lits, on fout tout en l'air. C'est un vrai chambardement.

« Ondine, c'est mon personnage depuis mon arrivée au Rire médecin, il y a six ans. Je suis comédienne, je viens du théâtre d'objet, j'ai travaillé au sein du quartet vocal TSF avant de revenir à Nantes où je mène des projets pluridisciplinaires au sein du collectif Marmite production et compagnie. Pour entrer au Rire médecin, on doit être comédien professionnel, avoir un bagage d'improvisation et de clown. J'ai passé l'audition, avant d'être formée au lexique de la douleur, des pathologies. Le premier jour à l'hôpital, j'avais super peur et, en même temps, une énergie formidable. J'ai fait des gaffes. Je trouvais que jouer avec la prothèse de jambe d'un enfant, c'était super gonflé. Et puis j'ai appris à gérer cela, à accepter qu'on mette le doigt où il faut le mettre.

« Clown au Rire médecin, c'est un beau boulot »

« On ne s'adresse pas à un public particulier, mais à des enfants et des adultes qui rient des mêmes choses que nous. C'est la proximité avec le public qui change. Les clowns interviennent toujours en duo parce qu'il faut constamment des antennes dirigées vers ce qui se passe dans la chambre : la pathologie de l'enfant, la souffrance des parents. Jamais d'empathie, juste une prise de conscience de l'ambiance. En cinq minutes, je construis l'impro, ça monte, une pirouette et je file. Les clowns doivent être aussi professionnels que les soignants.

« Au CHU de Nantes, nous sommes neuf. Il y a des clowns quatre jours par semaine, de 9 h 30 à 17 h. De ces journées, je sors complètement vidée. Généralement, je vais dormir pendant une heure pour évacuer la charge d'émotion reçue. Le courage de ces enfants me bouleverse. Leur appétit, jusqu'au bout. Mais devant eux, ça ne déborde jamais. Je me suis armée, j'ai pris de la distance. C'est quand j'enlève mon nez rouge que je ne suis plus protégée des sentiments.

« Clown au Rire médecin, c'est un beau boulot. C'est un vrai plaisir, presque égoïste, et j'ai grand espoir de pouvoir le faire longtemps, tout en menant mes autres projets. Le rôle de l'artiste, il est aussi d'être là. »



Pour la troisième année, Juste pour rire programme un spectacle au CHU : Le Chaudron de Lady Craspouille, avec notamment Curil Garnier, Guillaume Sentou...

Ouest-France

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