Pékin 2008 : la folle journée de Julien Bontemps
16 h 15. Médaille d'argent autour du cou, Julien revient du podium. Malgré sa deuxième place au général, il affiche un grand sourire mais avoue aussi une grande fatigue. : Photo Philippe Corbou
Médaille d'argent en planche à voile, le sociétaire de l'ASPTT Nantes a vécu mercredi une journée inoubliable.
Futur compétiteur ¯ il disputera les Jeux Paralympiques de tennis de table début septembre ¯ Gilles de la Bourdonnaye, le directeur du bureau de la région Pays de la Loire à Quingdao, a apprécié le clin d'oeil symbolique.
Un signe du destin
« On s'est pas mal suivi par Internet dès qu'il a su qu'il allait venir ici. Et on s'est connu comme ça. Alors je vois cette médaille d'un Nantais dans la ville où j'habite comme un signe du destin.
Il m'a d'ailleurs dit d'en ramener une plus belle. C'est vraiment symbolique ».
Gilles de la Bourdonnaye n'en rappelle pas moins, comme l'a dit le président de la Fédération française de voile, « qu'être sur le podium, c'est déjà une victoire. Alors toucher l'argent... ».
Médaillé d'or en 470 il y a tout juste vingt ans à Séoul, à quelques encablures de Quingdao, le Nantais Luc Pillot, conseiller du groupe Legris, était également ravi de fêter l'anniversaire avec cette médaille.
L'or dans les bras
« Je suis vraiment content pour lui. Julien, c'est un bosseur qui a toujours su ce qu'il voulait. Il est venu en sports études à La Baule car il rêvait d'une médaille. Alors, après la copie négative d'Athènes, je suis doublement heureux pour lui. Je regrette simplement qu'il ne se soit pas libéré davantage. Mais il y avait tellement de tension et de pression... Pourtant, je suis persuadé qu'il avait l'or dans les bras et les jambes ».
Le responsable du sport de haut niveau à l'université de Nantes analysait aussi les difficultés de ce plan d'eau.
« Mais il a su gérer l'affaire, car l'Anglais a été menaçant jusqu'au bout. Et il avait tout à perdre avec cette formule de Médal race. Avant il suffisait d'être juste derrière pour se retrouver à égalité ».
Une expérience phénoménale
Pour Luc Pillot, cette médaille récompense un garçon « au comportement exemplaire, qui est disponible, généreux. Il a bien préparé son affaire, même si le besoin de se rassurer sur son avenir pro n'a pas simplifié sa préparation ».
Pour le « voileux » nantais, Julien est même capable de retourner une troisième fois aux Jeux olympiques. « S'il en a envie, il ne doit pas hésiter. Et sa médaille d'argent peut le motiver encore plus. À 32 ans, il aura largement les moyens d'être encore compétitif. Car une journée comme aujourd'hui (N.D.L.R : mercredi), c'est énorme au niveau de l'expérience ».
Manque de sommeil
Sa femme Irina était également aux anges. « C'est énorme, super, car cela n'a pas été du tout clair jusqu'à la dernière minute. Il a alterné de la première à la cinquième place au fil de la course avec ces risées irrégulières ».
Elle ne s'avouait « pas du tout déçue, même s'il n'y a qu'un point au final. Julien est très soulagé et heureux. C'était très dur mentalement, c'est pourquoi il a très peu dormi ces deux derniers jours. Une régate de neuf jours avec une Médal race pour finir, c'est très long ».
Philippe Corbou
Presse-Océan