Piétons renversés par le tram : les limites de la prévention
Mardi soir, une femme a perdu la vie en traversant les voies du tram sur le cours des 50-Otages. C'est le troisième accident mortel du genre depuis cinq ans.
Une femme a perdu la vie en traversant une voie de tramway, mardi soir, à Nantes. C'est le troisième accident mortel entre un tram et un piéton depuis cinq ans. La Tan met pourtant tout en oeuvre pour diminuer les risques.
Mardi soir, vers 19 h 30, une femme traverse les voies du tramway, au niveau de l'arrêt Commerce, situé cours des 50-Otages.
Elle aperçoit une rame arrivant sur sa droite et décide donc de faire demi-tour. Mais elle trébuche sur un rail et chute. Un autre tram, arrivant par la gauche, ne peut l'éviter. Le choc est fatal à Mireille Kremer. Elle était âgée de 56 ans.
Ce drame porte à trois le nombre de piétons tués par un tram dans l'agglomération nantaise, ces cinq dernières années. L'un s'était produit en 2003, l'autre en 2005.
Analyses d'accidentologie
Comme pour chaque accident, qu'il soit corporel ou matériel, la Tan (1) a ouvert une enquête interne. « Depuis plusieurs années, nous effectuons des analyses d'accidentologie, afin de déceler toutes les causes d'un accident. Cela permet de limiter les risques que cela ne se reproduise », explique Pascal Leroy, directeur commercial de la Tan. La prévention est aussi dirigée directement vers les conducteurs : « Dans le cadre des formations annuelles, la moitié du temps est consacrée aux règles de sécurité ».
Les piétons traversent souvent sans regarder
Aux heures de pointe, les piétons traversent les voies de trams dans tous les sens, souvent sans bien regarder. Les conducteurs n'ont que le « ding-ding » et les appels de phare pour prévenir de leur arrivée. Car, à la différence d'une voiture ou d'un bus, un tramway ne peut pas piler. Lancé à vitesse de croisière, il lui faut toute sa longueur pour s'arrêter. Cette phrase fut d'ailleurs le slogan d'une campagne de sensibilisation il y a quelque temps.
« Pas facile d'interpeller les gens »
Ces campagnes de prévention à destination des clients, la Tan en lance régulièrement. Les messages varient, pour ne pas tomber dans l'ennui, ce dernier menant bien souvent à l'indifférence.
La dernière campagne en date a démarré quelques jours avant le drame de mardi soir. Des affiches rappelant la nécessité de regarder des deux côtés avant de traverser les voies sont placardées sur tout le réseau de transport en commun.
Mais Pascal Leroy reconnaît la difficulté de cette mission : « Ce n'est pas facile d'interpeller les piétons. Il y a une telle familiarité avec le tramway ».
Antoine Garnier
(1) Société des transports de l'agglomération nantaise
Presse-Océan