Pollution de l'estuaire : la facture s'annonce salée
Chaque journée de pêche impossible revient pour l'instant à 84 500 € par jour à Total.
Total a promis de payer rubis sur l'ongle les conséquences de la pollution dans l'estuaire. Les jours passent et la note s'allonge.
Dès le lendemain de la pollution, le lundi 17 mars, Total annonçait la couleur, des excuses le carnet de chèque à la main. Effectivement, sur le terrain, le groupe pétrolier ne rechigne pas à la dépense : personnel de secours et matériel ad hoc, moyens aériens et maritimes, études et dédommagements... Mais il faudra attendre la fin de la crise et des évaluations précises pour connaître le montant exact de la facture. Seule certitude : en cette 4e semaine de pollution, chaque jour qui passe alourdit la note.
10 à 15 millions d'euros ?
Il y a dix jours, Total avançait le chiffre de 10 M€. Aujourd'hui, l'entreprise revoit ses estimations à la hausse et avance une fourchette entre 10 et 15 M€. Une somme importante mais à relativiser en comparaison des bénéfices réalisés par le groupe pétrolier.
650 € par jour le bateau de pêche immobilisé
Chaque jour de pêche impossible coûte pour le moment 84 500 € par jour à Total. Car 130 bateaux ont été reconnus victimes de la pollution à compter du 17 mars. Une première indemnité de base a été négociée à 650 € par jour et par bateaux. Louis Vilaine, directeur des Pêcheurs professionnels de l'estuaire, espère un dédommagement « plus important ». Comme aucun bateau n'est sorti, « il est impossible d'avoir un élément de comparaison ». L'étude des compatibilités est en cours « et la somme sera identique pour chacun ».
Les pompiers vont présenter la note
Le service départemental de secours a retiré ses pompiers des chantiers depuis le 4 avril, à l'exception de quelques cadres. Le colonel Berthelot a avancé en fin de semaine dernière, « pour ordre d'idées », le chiffre de 300 000 €. Il devra être précisé dans les prochains jours et l'estimation transmise à la cellule de crise mise en place à la Préfecture.
Plusieurs centaines d'intérimaires à payer
Il faut également payer plusieurs centaines de personnes chaque jour. Exemple, du 28 mars au 4 avril, on dénombrait environ 500 personnes (hors pompiers) quotidiennement avec une pointe le 3 avril et plus de 700 intérimaires. Hier, 600 personnes étaient présentes.
La facture de nettoyage des bateaux
Le nettoyage des bateaux souillés par la pollution, à savoir les navires de pêcheur et des plaisanciers, sera réglé par le pétrolier et se fera à Saint-Nazaire. Les dossiers arrivent mais leur nombre ne sera connu qu'en fin de semaine. La plupart des bateaux ont évité le pétrole et se sont mis l'abri à Nantes et pointe Saint-Gildas
Les agriculteurs vont devoir acheter du fourrage
L'étude du système d'indemnité est en cours par la Direction de l'agriculture et des forêts. Des relevés ont été faits hier par hélicoptère, après la grande marée, pour élaborer une carte précise des terrains, qui seront classés en catégories plus ou moins touchées.
Pour l'instant, les agriculteurs s'interrogent surtout sur la gestion immédiate de la crise : qui achètera le fourrage qui manquera pour l'hiver ? L'impact global, lui, ne sera connu que dans plusieurs mois.
Stéphane Le Hesran
Presse-Océan