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En Inde, 16 000 enfants sont scolarisés dans les TCV (villages pour enfants tibétains). D'autres structures d'accueil existent aussi. : Tibet-Les Enfants de l'espoir.Phurbu Dolma, 47 ans, est réfugiée en France depuis huit ans. Elle fait partie des premiers enfants qui ont franchi l'Himalaya dans des conditions éprouvantes pour trouver refuge en Inde. Au coeur des TCV (villages pour enfants tibétains), ces écoles qui accueillent les petits Tibétains pour qu'ils puissent poursuivre leur scolarité.
Les TCV ont été ouvertes en Inde dans la foulée des premiers exils, dix ans après l'occupation par les Chinois du Tibet en 1950. « Ce fut l'une des urgences : scolariser les enfants pour sauver notre langue, notre culture, et notre identité », souffle Phurbu Dolma. Chaque année, 800 à 1 000 enfants, confiés à un passeur, traversent la frontière de nuit, à pied, à plus de 5 000 m d'altitude. Il arrive que les Chinois réclament manu militari leur retour. C'est le cas, aux dernières nouvelles. « Les Chinois exigent que les enfants de cadres tibétains rentrent au pays, sous peine de représailles. C'est déjà arrivé : il y a eu des émeutes. »
« Torturés, emprisonnés »
Phurbu ne baisse pas les bras. L'association qu'elle préside, Tibet-Les enfants de l'espoir sème de l'espérance. Depuis 2006, ce collectif invite à parrainer un enfant tibétain ou un projet.
Comme la création prochaine à Bangalore, au sud de l'Inde, de la première université des exilés tibétains.
Ghislaine Rigamonti a pris sous son aile la jeune Tenzin Yangdon. Cette fillette de bientôt 12 ans fait la fierté de sa marraine nantaise : c'est une excellente élève. « On s'écrit régulièrement et je suis allée la voir deux fois en Inde. » Ghislaine Rigamonti parle de « l'incroyable joie de vivre » des enfants tibétains qui ont quitté leurs parents, leur maison, leur univers. Et qui continuent de sourire. « Ils sont aussi d'une grande solidarité entre eux. L'un d'entre eux tombe ? Ils sont cinquante autour de lui. »
Ghislaine n'est pas surprise. « Les Tibétains ont une grande ouverture d'esprit, une immense tolérance. Ils sont très respectueux des autres. » Et le courage ne leur manque pas. « Une fois éduqués, beaucoup de jeunes veulent rentrer au pays », raconte Phurbu. Ils doivent refaire le chemin en sens inverse, toujours clandestinement. Le risque est immense. S'ils se font arrêter par les Chinois, ils sont torturés et emprisonnés. »
Les enfants de l'espoir rencontreront-ils le dalaï-lama en août lors de sa venue au Zénith de Nantes ? Non. « Le dalaï-lama est extrêmement sollicité et doit aussi tenir compte de son état de moine qui implique un rythme de vie très strict. » Un chef spirituel qui veut montrer contre vents et marées le chemin de la paix. « Sa démarche va au-delà de la religion bouddhiste. D'ailleurs, il dit qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une religion pour être un bon être humain. »
Isabelle MOREAU.