Redressement du CHU : ce sera « donnant-donnant »
Jean-Marc Ayrault avec le directeur par intérim, Daniel Moinard, principal artisan du plan approuvé hier par les médecins et les administrateurs du CHU de Nantes.
Le CA du CHU a voté le plan d'équilibre et de modernisation. Jean-Marc Ayrault va s'appuyer dessus pour aller plaider sa cause auprès de Roselyne Bachelot.
« C'est clair et net », constate Jean-Marc Ayrault. Lundi, le conseil d'administration du CHU, qu'il préside, vient de se terminer à la préfecture. Et à une très large majorité, il a dit oui au plan de redressement et de modernisation de l'établissement. Le plan démarre par une urgence, par la nécessité d'arrêter « la spirale du déficit ». Les pertes atteignent 33 millions d'euros. « L'hôpital est en danger, fragilisé », rappelle de député maire de Nantes. Deux rapports en attestent, dont celui de la chambre régionale des comptes, présenté également hier. Le schéma prévoit de résorber le déficit en cinq ans.
Pour cela, la masse salariale est maintenue à son niveau 2007, et 150 contrats à durée déterminée (chiffres direction) ne seront pas reconduits. Les effectifs ne bougeront plus. « Les crédits de remplacements avaient explosé de façon imprudente alors que l'activité était en baisse. Aucun responsable, de droite ou de gauche, ne peut laisser se creuser un tel trou, et dire ensuite que c'est à l'État de le boucher. » Le constat n'a pas empêché Jean-Marc Ayrault de pointer, devant le conseil d'administration, toutes conséquences de la nouvelle tarification à l'activité qui remplace les anciennes dotations globales.
En même temps, le CHU revoit ses organisations de façon à être « plus performant », augmenter son activité (objectif 1,5 % de plus par an), son attractivité et ses ressources. Cela passe par une série de mesures internes. Et il s'engagera dans un programme de modernisation, avec regroupement d'une grande partie de ses activités dans l'île de Nantes afin développer un campus hospitalo-universitaire moderne autour d'un plateau technique mutualisé (Ouest-France de vendredi).
Ayrault : « Je me sens plus fort »
« Il fallait un sursaut, une prise de conscience », constate le député-maire, satisfait, rassuré. D'autant que la commission médicale, le matin, est allé dans le même sens. Le président du conseil d'administration remercie le directeur, Daniel Moinard. Celui-ci va maintenant passer le relais. Sa courte mission, à la demande du ministère, s'achève fin juillet. C'est lui qui a bâti le plan auquel Jean-Marc Ayrault, et le conseil d'administration ont adhéré.Désormais, après les votes de lundi, « je me sens plus fort pour aller voir Roselyne Bachelot et François Fillon », poursuit Jean-Marc Ayrault. « J'avais besoin de ces votes. Nous avons pris nos responsabilités avec des mesures courageuses qui vont permettre de redresser la barre. Maintenant l'État doit nous aider à remonter la pente et à préparer l'avenir. Il doit accompagner notre vaste programme d'investissements au service d'un projet ambitieux pour le CHU de Nantes. Nous ne pouvons pas être les seuls à porter toute la charge ».
Pragmatique, le directeur dit que c'est « donnant-donnant ». D'un côté des mesures internes pour arrêter « la course folle au déficit », de l'autre l'accompagnement financier de l'État. À concrétiser par un contrat que seront amenés à signer, plus tard, l'agence régionale d'hospitalisation et le successeur de Daniel Moinard.
Ouest-France